Le Plan hiver fera-t-il les frais des expulsions de l'église du Gesù?

Les anciens occupants de l'église du Gesù ont dû quitter le squat mais ils n'ont pas retrouvé de logement stable pour autant.

Pour leur donner un toit, le Samusocial a ouvert en urgence un bâtiment de son plan hivernal, rue Royale, où environ 40 personnes sont accueillies, uniquement la nuit.

De leur côté, les familles avec enfants, ce qui représente une centaine de personnes au total, sont logées 24h sur 24 dans les locaux du Samu, rue du Petit Rempart. Ce qui a pour effet que l’on peut y accueillir moins d’autres sans-abris que d'habitude.

"On met les bouchées double pour pouvoir accueillir les personnes les plus fragiles parmi le public des sans-abris. On frise la saturation", explique Christophe Thielens, porte-parole du Samusocial.

"Des matelas sont installés dans les salons et ailleurs pour pouvoir offrir un service à ces personnes très vulnérables", ajoute-t-il.

Une quarantaine d'anciens du Gesù déménagent cette semaine dans des appartements à Saint-Josse.

Il reste donc encore une centaine de personnes à reloger. Et le Samusocial s'inquiète car cela pourrait signifier 100 places de moins pour le Plan Hiver, qui doit bientôt démarrer.

Pascale Peraita, la directrice du Samusocial, fait part de son inquiétude : "Nous ne savons pas du tout quel est le délai dans lequel ces personnes vont être hébergées et nous ne savons même pas si cela va être fait puisque si les communes refusent, ces logements vont tomber. Nous ne savons absolument pas ce qu’il en est par rapport aux logements que le secrétaire d’Etat, M. Doulkeridis veut mettre en lien avec la problématique du Gesù".

Des solutions créatives pour pouvoir reloger les anciens du Gesù

Alors où en sont les douze appartements trouvés par la Région ? Cinq d’entre eux devraient être rapidement disponibles. Pour le secrétaire d'Etat en charge du logement, Christos Doulkeridis, pas question de rester les bras croisés, même s’il a toujours été clair qu'il serait difficile de réagir dans l'urgence : "Ça prend du temps, on le sait et ce n’est pas évident mais on ne peut pas le faire au détriment des gens qui sont en attente d’un logement depuis très longtemps. Personne ne perdra sa place pour la céder à l’une des familles qui étaient au Gesù".

Le Secrétaire d'Etat cherche des solutions alternatives : "Il faut trouver des solutions plus créatives notamment dans des logements inoccupés et pendant une période déterminée pour aider la commune de Saint-Josse".

Tous les relogements seront temporaires, pour une période de quatre à six mois. Un accompagnement est prévu pour aider les anciens du Gesù à envisager l'avenir, un avenir sans doute lui aussi très incertain.

S. F. avec Grégoire Ryckmans

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK