Le pistolet à impulsion électrique est en phase de test et divise les zones de police

Le pistolet à impulsion électrique est en phase test. Ce projet pilote, lancé par Jan Jambon, le ministre de l'Intérieur, divise les zones de police.

Le taser doit aider les policiers à neutraliser, sans risque, des individus. Mais à Charleroi, pas question de participer à ce projet. "Aucune analyse de risque n’a été proposée avec le taser. On aurait aimé savoir quels sont les risques encourus, les cas dans lesquels on ne doit surtout pas l’utiliser. Certaines organisations nous parlent de plusieurs décès aux Etats-Unis sur une dizaine d’années", explique David Quinaux, porte-parole de la police de Charleroi.

D'autres arguments sont mis en avant, comme les modalités de formation et la nécessité d’avoir un troisième homme par patrouille pour une zone déjà en sous-effectif. Pourtant, entre juin 2016 et juin 2017, 176 rebellions en intervention ont engendré 1000 jours d’incapacité de travail. Ils pourraient donc en avoir bien besoin.

"Pour ce genre d’intervention, nous disposons d’un spray incapacitant et d’une matraque télescopique en métal, qui fait mal et qu’on hésite à utiliser tant elle est dangereuse. Qu’est-ce qu’il nous reste ? L’arme à feu… Et l’issue est souvent fatale."

Un besoin de clarté juridique

La zone de Charleroi n’est pas totalement contre le taser, mais comme les syndicats, elle veut davantage de clarté, notamment juridique.

"Prenons une personne qui fait une crise en rue. On n’est pas dans la légitime défense et il faut intervenir. Dans ces cas-là, le taser pourrait être utilisé. Mais si les conséquences sont fatales pour la personne ou qu’il y a des blessures graves, qu’en sera-t-il pour le policier ?", s’interroge Patrick François, délégué CGSP-AMIO police.

14 zones de police ont décidé de participer à ce projet pilote à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Mons-Quévy en fait partie. "Utiliser une arme à feu c’est la même chose, on peut aussi potentiellement avoir des problèmes juridiques. Je pense qu’il faut oser. La certitude complète on ne l’aura jamais. Osons, allons-y! Et surtout sur base de la comparaison avec nos collègues français, les risques, à mon avis, sont minimes", insiste Marc Garin, chef de corps de police de Mons-Quévy.

Le taser aurait tout de même causé une cinquantaine de décès entre 2001 et 2008 rien qu’aux Etats-Unis. 

Le ministère de l’Intérieur espère que ce projet pilote d’un an apportera tous les éclaircissements

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