Le phénomène des tricycles pour touristes explose à Barcelone

Les rickshaws, ces tricycles très populaires en Inde, ont fait leur apparition dans les villes touristiques d’Europe et notamment à Barcelone. Mais en pleine période estivale, la capitale catalane est littéralement envahie par ces engins qui transportent des vacanciers jour et nuit.

Il y en aurait plus de 1000 en circulation dont 400 sans autorisation à Barcelone. De quoi agacer un peu plus encore les habitants, toujours plus hostiles au tourisme de masse.

Prolifération

Écologiques et paisibles, les tricycles sont pourtant largement plébiscités par les touristes. Une manière originale de visiter la ville comme en témoigne ce voyageur. "C’est très agréable, très très agréable… C’est reposant, drôle ; on est ravis !"

Les balades que propose Alex Maldonado, guide officiel, durent entre 15 minutes et deux heures pour des prix allant de 10 à 60 euros. Cela fait 6 ans qu’il conduit un rickshaw mais cet été, il a vu arriver une nouvelle concurrence. "Tout a changé. Quand j’ai commencé c’était très agréable, très bon esprit mais aujourd’hui avec la prolifération des vélos, ils ne respectent rien, ils ne respectent ni la signalisation, ni même parfois leurs propres collègues. C’est devenu un travail très difficile", déplore-t-il.

Difficile aussi car bon nombre de conducteurs ne sont pas assurés, n’ont pas de contrat de travail ou sont souvent sans papier. "Au moins 40% des vélos qui roulent sont en situation irrégulière. Tiens ! Tu vois celui de la bicyclette noire, et ben je suis sûr à 100% qu’il est illégal. Et celui-là en bleu aussi ! Il n’a pas la vignette de la mairie", observe Alex Maldonado. Nombreux de ces engins font également office de taxi et certains n’hésitent d’ailleurs pas à faire payer 50 euros pour de petits trajets à des vacanciers naïfs.

Questions de sécurité

Dans les rues et au bord de la mer, il est de plus en plus difficile de circuler puisqu’en plus des rickshaws, les trottinettes électriques, segways ou les skates à moteur sont également présents. Résultat de cette prolifération, les accidents se multiplient mais aussi les bagarres, à tel point que le phénomène inquiète les autorités.

"Il faut réguler tous les engins qui circulent sur la voie publique. Derrière le succès de Barcelone, comme ville touristique, ville globale et attractive, il y a un revers de la médaille avec des conséquences négatives. On a un usage abusif de l’espace public et parfois même un usage illégal", explique Albert Batlle, adjoint au maire de Barcelone en charge de la sécurité.

Derrière le problème des rickshaws, c’est donc encore une fois le modèle touristique de Barcelone qui fait débat. Pour Cesar Herrero, porte-parole des conducteurs officiels de rickshaws, le tourisme de masse n’est pas le problème. "La ville ne meurt pas de son succès… Elle meurt par manque de régulation. Bien encadrée, notre activité est selon moi très positive pour la ville."

Le son de cloche est différent du côté des habitants peu convaincus par cette explication. Une grogne qui n’a pourtant pas l’air de préoccuper les vacanciers qui seront encore plus nombreux cet été à profiter des charmes de la capitale catalane, sur un rickshaw ou à pied.

 

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