40% des enfants bruxellois sont en état "de déprivation": de quoi s'agit-il?

Le petit Bruxellois pauvre vit comme les pauvres de Pologne ou de Roumanie
Le petit Bruxellois pauvre vit comme les pauvres de Pologne ou de Roumanie - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

La Belgique est un pays riche… qui compte beaucoup d’enfants pauvres. La Fondation Roi Baudouin et les CPAS wallons tentent d’y remédier. Mais avant d’agir, il faut partir d’un constat fiable. Et celui qui vient d’être tiré interpelle.

A Vilnius ou Varsovie comme à Bruxelles

L’état de déprivation des petits Bruxellois est comparable à celui des enfants pauvres de Pologne ou de Roumanie et celui des petits Wallons est similaire à ce qu’on connaît en Lituanie. C’est le constat auquel aboutit l'étude de Frank Vandenbroucke et Anne-Catherine Guio. L’état de déprivation, c’est lorsqu’on répond "non" à des questions comme: l’enfant vit-il dans un logement bien chauffé, peut-il participer aux excursions scolaires, inviter des amis à la maison… Il concerne 25% des Wallons et 40% des Bruxellois.

CPAS à la rescousse ?

Pour répondre à cette situation, les CPAS sont en première ligne. Au cours d’un colloque mené ce lundi à Namur, ils ont partagé leurs expériences, leurs solutions. Et la solution ne tient pas qu'au revenu d’intégration, explique Natacha Verstraeten. Elle préside le CPAS de Chaumont Gistoux. Elle insiste sur d’autres possibilités: gratuité des cantines scolaires ou de l’enseignement artistique, création de crèches accessibles aussi à des familles défavorisées. Elle met également en avant les initiatives privées de donneries scolaires qui privilégient le réemploi et l’écologie sans stigmatiser les moins nantis.

Savoir skier...

Sans doute, faut-il aussi revoir des pratiques contestables, renchérit Anne-Catherine Guio. Par exemple, la compétence "savoir skier" est-elle indispensable pour les petits Wallons d’autant qu’elle explose les frais de ménages sur la corde raide? Or, beaucoup de communes organisent toujours ces voyages. Bref, il ne faut pas seulement des aides ponctuelles mais une réflexion globale sur l’allocation des moyens.
Il est d'ailleurs troublant, relève l'étude de Frank Vandenbroucke et Anne-Catherine Guio, qu'aucun de nos voisins européens ne connaisse une situation aussi préoccupante.

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