Les patrons de Ghelamco tentent de rassurer sur la construction du stade national

Ghelamco, le promoteur du futur stade national en bordure du Heysel, a inauguré jeudi une tour de bureaux de 220 mètres de haut au cœur de Varsovie. Ce n’est pas la première réalisation de cette société belge dans la capitale polonaise, ni en Belgique d'ailleurs (elle a notamment réalisé le stade de Gand). Mais entre deux coupes de champagne à Varsovie, le promoteur en a profité pour distiller quelques messages sur le futur stade national.

"Nous sommes dans les temps"

Il y a bien eu un peu de retard au démarrage, admet le patron de Ghelamco Belgique. Mais Philip Neyt le répète : nous avons encore le temps. Le stade peut être bâti pour juillet 2019, date butoir pour la candidature de Bruxelles pour l’euro 2020, parce que la construction peut être assez rapide.

"Cette tour de 220 mètres, pleine de technologie, nous l’avons construite en 18 mois" argumente Philip Neyt. "Or elle est plus complexe à réaliser que le stade". 

Il se veut rassurant sur la durée de construction, mais se montre évasif quant à la durée de l'attente d’ici la première pierre: Ghelamco doit encore décrocher les permis et affronter d’éventuels recours. Une étape au calendrier incertain.

"Pas d’obstacle insurmontable"

Les recours contre le projet de stade pourraient s’accumuler et le permis d’urbanisme se faire attendre…. Le promoteur, à nouveau, rassure: on est rôdé.

"Aucun projet de cette ampleur n’est facile, il faut toujours en étudier toutes les dimensions et longuement parler avec tous les intervenants, et ce n’est pas plus facile en Pologne qu’en Belgique. Et après 30 ans de projets immobiliers, nous avons l'habitude" affirme Philippe Neyt.

Et il évacue d’un revers de manche les derniers déboires du dossier. Des contestations communautaires à l'apparition de ce stade bilingue en bordure (flamande) de Bruxelles ? "Tout le monde comprendra bien qu’accueillir d’Euro est dans l’intérêt de tous ".

L’élargissement du ring trop tardif ? La perspective d’un bouchon gigantesque ? "Notre étude d’incidence a étudié tous les scénarios possibles et nous avons des solutions à ces problèmes de mobilité".

La preuve par le Stade

Cette inauguration tombait à point nommé pour Ghelamco. La tour flambant neuve permet de conforter son image de fiabilité au moment de convaincre pour décrocher un permis. "Conforter" ou plutôt "instaurer" puisqu'en Wallonie et à Bruxelles le promoteur bâtit peu.

Si le stade est un succès, il pourrait lui ouvrir des portes en Belgique francophone. D'ailleurs, le président-fondateur du groupe, Paul Gheysens, parle de Bruxelles comme d'une ville aux "nombreuses possibilités dans les années à venir".

En revanche, si le stade ne voit pas le jour dans les temps pour l'euro 2020, l'échec sera cuisant pour tous ceux qui ont porté le projet. Mais en montrant en Pologne qu'il construit vite et concerte bien, le promoteur suggère déjà qu'en cas d'échec, la responsabilité sera à chercher ailleurs.

Face à la fenêtre panoramique du 46ème étage du gratte-ciel, le fondateur de Ghelamco pointe les bâtiments qu’il a réalisés et les projets en cours. Les terrains dont il rêve aussi. Varsovie, sa vitrine face aux sceptiques.

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