Le parquet d'Anvers ouvre une enquête sur Jan Fabre, l'artiste réagit

L'auditeur du travail d'Anvers ouvre une enquête sur Jan Fabre suite aux révélations d'une lettre ouverte, écrite par une vingtaine de collaborateurs et stagiaires de l'artiste sur le site internet du magazine spécialisé dans l'art rekto:verso. Des faits d'humiliation et d'intimidation sexuelle sont évoqués.

La lettre ouverte fait état d'activités photographiques semi-secrètes. L'artiste renommé y aurait invité des danseurs dans le cadre de performances d'art visuel, et, sous couvert de ce prétexte, tenté un rapprochement sexuel. Certains danseurs se seraient vus offrir, après ces sessions, des sommes d'argent conséquentes. Qui les refusait, voyait son rôle restreint, et s'exposait à des humiliations ou manipulations, indique la lettre ouverte, signée par huit personnes dont le nom est communiqué, le reste des signataires restant anonymes.

Tentatives de dialogue, sans succès

Il est aussi reproché à Jan Fabre d'avoir humilié des femmes durant des répétitions à coup de "critiques douloureuses et souvent ouvertement sexistes". Une partie des signataires affirment avoir été victimes de pratiques, une autre partie d'en avoir été témoins. Leur témoignage est désormais rendu public car les tentatives de dialogue avec Jan Fabre au sein de la compagnie Troubleyn n'ont pas abouti.

Les signataires s'offusquent aussi d'une interview durant laquelle l'artiste affirme n'avoir jamais constaté de problèmes relatifs à des comportements sexuels transgressifs au cours de quarante ans de collaboration. Or, en deux ans, pas moins de six collaborateurs ont pourtant claqué la porte pour cette raison, signale le document.

Fabre et Troubleyn réfutent les critiques sur le site internet de rekto:verso: "Nous ne forçons personne ici à faire des choses qui sont considérées pour l'un, l'une ou l'autre comme au-delà de ses limites". Ils regrettent en outre qu'un procès soit mené dans les médias sans possibilité de se défendre et contestent tout comportement inapproprié.

Dans un communiqué, Fabre réagit: "mon intention n'a jamais été d'intimider les gens ni de manière psychologique, ni sexuelle". Il ajoute : "Pour les dames qui considèrent que j'ai dépassé les limites, je les encourage à utiliser toutes les procédures disponibles. J'apporterai ma complète collaboration. Je regrette que cette tempête médiatique ait impliqué toute une compagnie"

Repousser les limites de l'Art

Jan Fabre est un artiste plasticien et chorégraphe anversois de réputation internationale, aimant à transgresser les codes et repousser les limites, faisant plusieurs fois scandale auprès du grand public.

En 2012, lors du tournage d'un film, il avait créé la polémique suite à des lancers de chats (qui retombaient sur des tapis de yoga) dans les escaliers de l’Hôtel de Ville d'Anvers, "une performance avec les chats qui est inspirée de la photo 'Dali anatomicus' de Philippe Halsman datant de 1948", explique alors Jan Fabre à la VRT. Il avait du subir de nombreuses menaces et insultes, et s'était par la suite excusé publiquement et avait rassuré sur la santé des félins.

Plus paisiblement, il est également le sculpteur de la Tortue au sommet de la citadelle de Namur.

 

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