Le parcours d'entrepreneurs des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek

Le parcours d'entrepreneurs des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek
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Le parcours d'entrepreneurs des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek - © Tous droits réservés

Le parcours des frères Abdeslam, Salah et Brahim, les auteurs des attaques de Paris, se précise. De leur tendre enfance à Molenbeek jusqu'à l'issue terroriste, en passant par leurs aventures économiques. Car on apprend, à l'effeuillage des annuaires relatifs aux statuts des entreprises belges, que Brahim ainsi que deux autres membres de sa famille, tous domiciliés au 30 de la place Communale de Molenbeek avait constitué une SCRI, une société coopérative à responsabilité illimitée. Nom de la société : Coin Stijn.

Démission de Brahim et Salah le 30 septembre

Le siège de la société a été établi officiellement le 10 mars 2013, au 49 de la rue des Béguines, entre le Karreveld et le stade Machtens. C'est là que se situe le fameux café "Les Béguines", fermé après un contrôle de police en août et un arrêté de la bourgmestre Françoise Schepmans le 2 novembre dernier. Soit moins de 10 jours avant les attentats de Paris. Les raisons de cette fermeture: trafic de stupéfiants.

Mais retour aux statuts de Coin Stijn. Au moment de la constitution, c'est Brahim, qui se fera exploser vendredi dernier près du Stade de France, qui détient le plus de parts sociales: 96 contre 2 pour chacun des deux autres membres fondateurs. Brahim, résidant au 53 de la rue des Béguines, est également le gérant de la société.

Le 1er janvier 2014, première modification des statuts. Brahim quitte son poste de gérant et le cède à son frère Salah, né en 1989, aujourd'hui toujours recherché par toutes les polices. Salah vient de rentrer dans la société en tant qu'associé en lieu et place d'un autre membre de la famille. Pourtant, c'est toujours Brahim qui détient le plus de parts, 96.

Les Abdeslam auraient usurpé l'identité d'un repreneur

Le 30 septembre 2015, nouvelle assemblée générale chez Coin Stijn. Salah Abdeslam démissionne de son poste de gérant de même qu'un autre associé, Abdeslam également. Brahim, lui, cède ses parts à un certain Batis Rida qui transfère le siège de la société de Molenbeek à Quiévrain, rue de Mons 249. Selon les informations de la RTBF, le dénommé Batis Rida n'aurait jamais repris la société des frères Abdeslam, ni transféré la nouvelle entité en Wallonie. L'intéressé aurait été victime d'une usurpation d'identité. La police enquête d'ailleurs aussi en ce sens pour confirmer l'hypothèse.

A Quiévrain, ceci étant, que retrouve-t-on? Une enseigne de tabac. Où là aussi il est question de fausse adresse. Le propriétaire de l'entrepôt s'exprime: "On a tout simplement usurpé mon adresse. Aujourd’hui, une société peut mettre son siège social n’importe où, sans que l’on soit au courant!" Sous le choc, Mohammed Berkouki affirme n'avoir jamais eu de contacts avec les frères Abdeslam ni avec le désormais faux repreneur.

Véronique Damée, la bourgmestre MR, se dit en tout cas scandalisée de ne pas avoir été prévenue par les enquêteurs de cette pseudo transaction commerciale. "Il me semble qu'en qualité de bourgmestre j'aurais dû être informée, vous vous rendez compte que je ne peux pas prendre les mesures pour protéger la population, les enfants, si je ne suis pas au courant". Ce mercredi, celle-ci a en tout cas insisté sur le fait qu'après vérifications, les frères Abdeslam n'ont jamais géré la moindre enseigne dans sa région.

Reste que Quiévrain, situé à la frontière avec la France, a été le siège d'une importante opération de police mardi, la police a pris une voiture en chasse avec trois hommes à bord. Certains témoins pensaient avoir reconnu Salah Abdeslam. Mais à l'interception du véhicule sur l'A1 vers Paris, vers 17 h, seule une personne était à bord et il ne s'agissait pas du suspect N°1. La suite de l'enquête dira s'il est lié aux affaires de terrorisme.

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