Le paludisme recule dans le monde mais pas parmi les voyageurs belges

Si le paludisme régresse dans le monde, il devient de plus en plus fréquent chez les voyageurs belges.
Si le paludisme régresse dans le monde, il devient de plus en plus fréquent chez les voyageurs belges. - © PATRICK KOVARIK - AFP

Le nombre de nouveaux cas de paludisme a baissé de plus de 20% dans le monde entre 2010 et 2015 tandis que le nombre de décès est passé, quant à lui, de près d'un million à moins de 500 000 par an. De plus en plus de voyageurs belges contractent cependant la maladie - 327 cas l'an dernier - et certains ont, pour la première fois, rechuté après avoir reçu le traitement standard contre la malaria, ce qui pose la question d'une éventuelle résistance aux médicaments, indique lundi l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) d'Anvers à la veille de la Journée mondiale du paludisme.

Si le paludisme régresse dans le monde, il devient de plus en plus fréquent chez les voyageurs belges, poursuit l'IMT qui a observé au cours des cinq dernières années une légère augmentation du nombre de cas diagnostiqués. On est ainsi passé de 215 cas de malaria en 2012 à 327 en 2016. Environ neuf cas de paludisme sur dix ont été contractés en Afrique.

"Nous n'avons pas d'explication à cette augmentation mais les gens partent plus souvent en voyage et vont également plus loin. Ils ne sont pas toujours conscients des risques non plus", explique le docteur Ula Maniewski de la Clinique de voyage de l'IMT.

L'IMT insiste également sur l'importance de la prévention qui passe notamment par l'utilisation de moustiquaires, de sprays et de médicaments. Comme le paludisme présente certaines similitudes avec la grippe, les scientifiques plaident pour que l'hypothèse de la malaria soit envisagée si quelqu'un tombe malade après avoir voyagé sous les tropiques.

Une part non négligeable des contaminations concerne les personnes qui se rendent dans leur pays d'origine, ajoute l'IMT. Une personne d'origine africaine qui vit en Belgique est en effet plus vulnérable à la maladie étant donné qu'elle perd l'immunité partielle qu'elle avait acquise au fil des ans en étant exposée au parasite.

Enfin, l'IMT a été confronté l'an dernier aux premiers cas de rechute chez des patients revenus d'Afrique qui avaient reçu le traitement standard alors qu'en Asie, la résistance aux dérivés de l'artémisinine est un problème connu et de plus en plus fréquent.

Les médecins cherchent actuellement à déterminer les raisons de cet échec qui peut résider soit dans une mauvaise absorption de la médication soit dans une forme de résistance face au traitement mais cette dernière hypothèse n'a pas encore pu être vérifiée. L'IMT espère présenter les premiers résultats des études de résistance au cours de l'année 2017.

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