Le nuage de suie en provenance de l'incendie de l'usine Seveso de Rouen est-il arrivé en Belgique ? Est-il dangereux ?

Le nuage "toxique" engendré par l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen serait-il arrivé jusqu’à la Belgique ? Et présente-t-il un risque pour la santé ?

A Rouen, une odeur d’hydrocarbure "déplaisante", selon le préfet, persistait vendredi matin à Rouen et qu’une fumée blanche émanait encore de l’usine, nombre d’habitants ou de personnes qui étaient à Rouen jeudi se plaignaient d’irritation à la gorge. Mais "au-delà du côté irritant pour les yeux ou les muqueuses respiratoires", liées aux "odeurs d’hydrocarbures", "il n’y a pas de toxicité aiguë. On n’est pas confronté à un nuage de chlore", a confirmé le médecin généraliste Stéphane Pertuet interrogé par la radio.

Les établissements scolaires restent fermés dans 12 communes de l’agglomération de 500.000 habitants jusqu’à lundi matin. Et il est recommandé aux personnes fragiles de rester à l’abri jusqu’à vendredi soir dans ces villes et demandé aux agriculteurs de veiller à ce que leurs animaux "ne consomment pas d’aliments souillés".

Mais le nuage a voyagé depuis. Selon Laure Roussel, chargée de communication chez Atmo – Hauts-de-France, interrogée par nos collègues de la Voix du Nord, "avec un vent de sud ouest, le nuage est passé sur une ligne Amiens – Lille avant de partir vers la Belgique". Les relevés de l’air ont confirmé ce passage au niveau des particules PMD (les particules émises par les moteurs diesel) : "leur présence était légèrement supérieure aux taux habituels mais loin des taux qui déclenchent une alerte pollution" explique-t-elle. Les autres mesures étaient dans les normes.

Pas d’inquiétude, donc, même si Denis Collard, Monsieur météo de la RTBF a confirmé que météorologiquement, l’arrivée du nuage sur la Belgique était plausible. "Pour pouvoir confirmer cela, il faut remonter à l’origine des vents, depuis jeudi soir et ce matin. Nous sommes dans un courant de sud-ouest, et donc effectivement, les vents qui arrivent chez nous, aujourd’hui, passent par l’ouest de la France, et donc de manière générale, si on veut aller plus finement dans les trajectoires, c’est plutôt le nord du pays qui est sur la trajectoire des vents. Cela veut dire que, si on lâchait un ballon d’hélium au-dessus de Rouen, il passerait sans doute au-dessus de Lille, de Bruges et des Pays-Bas. Mais, c’est vrai que ces particules, un peu comme le sable le fait en été, peuvent également monter plus haut dans l’atmosphère. Et, elles se fixent sur les gouttelettes d’eau, qui peuvent se former lorsqu’il y a une condensation qui amène à de la pluie, et à ce moment-là, elles peuvent retomber sur le sol. Alors, est-ce que c’est ça ? Evidemment, nous n’avons pas assez d’éléments actuellement pour le dire, mais météorologiquement, c’est plausible. C’est possible, car les particules qui étaient au-dessus de l’ouest de la France, arrivent, en effet, sur nos régions, vu les vents dominants."

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK