Le nouveau timbre de la Princesse Elisabeth: les coulisses de sa création

Le 25 octobre, la princesse Elisabeth fêtera ses 18 ans. Pour l’occasion, Bpost lui dédie son 3e timbre postal. Réaliser un timbre de la famille royale, c’est toujours un projet exceptionnel pour l’entreprise de production de timbres. Le temps d’une matinée, l’usine nous a ouvert ses portes pour nous montrer l’envers du décor d’un univers bien particulier.

Pour entrer dans la salle de production des timbres, Griet Wauters, la directrice de production, nous ouvre la porte avec son badge de sécurité. Le bâtiment est très sécurisé. Chaque porte est verrouillée pour donner accès uniquement aux personnes autorisées. " C’est comme si on imprimait de l’argent " nous dit-elle. D’où cette étroite surveillance. Une fois dans la pièce, on entend le bruit des machines en action. On peut sentir l’odeur du papier. " Nous sommes jeudi, il y a moins de gens qui travaillent en fin de semaine", nous dit-elle en montrant les cinq ouvriers dans la salle, bien concentrés sur leurs machines respectives. L’un d’entre eux nous montre une pile de timbres, fraîchement imprimés : "Regardez, ici, juste avec cette pile, il y en a pour 3000 euros. Il est impossible d’estimer la valeur qu’il y a dans cette pièce. Regardez toutes les piles qu’il y a autour de vous… ".

Chez Bpost, 300 millions de timbres sont imprimés chaque année. La majorité d’entre eux est destinée au marché belge et les commandes pour des pays étrangers représentent 30% de la production. " Par exemple, les timbres du Luxembourg et du Portugal sont conçus ici ", nous confie Mme Wauters.

Bien que les timbres royaux soient fortement appréciés par les Belges, ils représentent à peine 15% de la production. Les timbres les plus imprimés sont les rouleaux de 100 pièces, souvent illustrés avec une image de la nature. Ils représentent la moitié des ventes. Ici, le timbre de la princesse a été imprimé en 208.000 exemplaires. C’est une édition limitée, il ne sera donc pas réimprimé.

Les timbres peuvent être imprimés sur deux types de papier : le papier autocollant, dont il suffit de détacher le timbre pour le coller sur une enveloppe, ou le papier gommé, qui donne le traditionnel timbre qu’il faut lécher pour le coller sur votre courrier. Il existe aussi les timbres gravés, qui donnent une sensation de relief sur le dessin, des productions très appréciées par les collectionneurs.

Selon la grandeur du tirage, les timbres sont produits différemment. Les tirages classiques, que l’on imprime régulièrement, sont produits dans les machines "offset" : de grosses imprimantes qui requièrent de la main-d’œuvre pour assurer la production. C’est dans ces machines que le timbre de la Princesse a été imprimé, afin de s’assurer que l’impression se déroule dans les meilleures conditions.

Les grands tirages spéciaux, comme la gravure par exemple, sont réalisés dans les rotatives : des machines avec une mécanique plus rapide et plus précise. Tandis que les petits tirages et les impressions personnalisées (pour des entreprises par exemple) sont produits avec une machine digitale.

Une fois imprimés, les planches de timbres sont perforées, puis découpées dans la salle prévue à cet effet. Ensuite, place au contrôle qualité avant d’emballer le produit fini. Direction les bureaux, isolés et au calme. On y retrouve Kristelle. Chaque jour, elle vérifie plus de 3000 timbres. " Je regarde à la résolution de l’image, si la découpe est bien affinée. Si cela ne respecte pas les critères, ces timbres sont détruits. Ils ne peuvent pas être mis en vente ou gardés par l’un d’entre nous ".

Ces derniers jours, ce n’était pas une vérification comme d’habitude pour l’employée… " Vérifier le timbre de la Princesse Elisabeth, cela n’arrive pas tous les jours. C’est une très belle photo, d’une jolie fille. C’est notre future Reine, cela nous fait quelque chose de spécial de l’avoir produit… ". Une fois que la qualité du papier est approuvée par les vérificateurs, les timbres sont emballés et prêts à l’envoi. " Nous réservons un emballage spécifique pour la Princesse pour lui offrir son cadeau " explique Griet Wauters. Un présent, que le Princesse recevra plus tard, une fois de retour en Belgique, puisqu’elle étudie en ce moment au Pays de Galles.

Une photo symbolique, pas choisie au hasard

Ce n’est pas le premier timbre à l’effigie de la Princesse. Souvenez-vous, pour son premier anniversaire en 2002, Bpost lui avait déjà réservé ce privilège. Quelques années plus tard, en 2014, des timbres seront produits pour chaque membre de la famille royale. Pour la collection 2019, Bpost a désiré faire un cadeau à la princesse pour ses 18 ans, qu’elle fêtera le 25 octobre prochain. Une proposition qui a tout de suite été approuvée par le Palais Royal.

Cependant, Leurs Majestés le Roi et la Reine désiraient une photo récente de la princesse. Le couple royal a donc envoyé, en accord avec leur fille aînée, un cliché de l’héritière au graphiste de Bpost, Kries Maes. "J’ai tout de suite trouvé la photo très belle, fraîche et lumineuse. C’était un très bon choix de leur part ". Et la photo n’a pas été prise par n’importe quel photographe… "C’est assez symbolique car la photo a été prise par le roi Philippe en personne, lors des congés de Pâques de l’année dernière ", ajoute-t-il.

Pour ce tirage, la famille royale a joué la carte de la simplicité : "Ils désiraient simplement laisser 'Elisabeth 18' comme écriture sur le cliché. C’est très sobre, à l’image de la Princesse", nous explique le graphiste. Pour couronner le tout, un monogramme royal, spécialement dessiné pour la future Reine figure sur ce nouveau timbre.

Le timbre royal, un style qui évolue avec son temps

Dans l’histoire des timbres royaux, c’est la première fois que des timbres à l’effigie d’une princesse héritière sont confectionnés. Auparavant, seuls les rois avaient droit à ce privilège. Le style a également énormément évolué : "Au départ, les visages étaient fermés, de face, assez distants. Ces dernières années, nous avons voulu faire évoluer les conceptions des timbres de la famille royale. Nous avons offert des clichés inédits de la famille ensemble, des portraits des enfants…", explique Griet Wauters. "Pour le plus grand bonheur des philatélistes…", ajoute-t-elle. Pour rappel, le premier timbre royal était celui de Léopold Ier appelé "Les Epaulettes", sorti en 1849.

Aujourd’hui, la valeur des premiers timbres belges, en dehors des timbres royaux, vaut des milliers. Le plus cher de Belgique est le timbre de l’hôtel de ville de Dendermonde renversé. "Il y avait une faute de production. Il existe à peine 15 exemplaires de ce timbre avec cette faute d’impression, il peut valoir des centaines de milliers d’euros", nous confie Griet Wauters.

Si vous désirez vous procurer le nouveau timbre de la Princesse Elisabeth, il sera en vente sur le site de Bpost et dans tous les grands bureaux de poste du pays, dès le 21 octobre. Attention, le tirage est limité.

Reportage dans notre journal télévisé de la mi-journée:

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