Le nombre de malades longue durée ne cesse d'augmenter

Le nombre de malades longue durée ne cesse d'augmenter
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Fin 2015, 370 408 personnes étaient sous le statut d'invalides, c'est-à-dire en incapacité de travail depuis plus d'un an, ressort-il des chiffres du bilan annuel 2015 de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité, Inami. Le nombre de malades longue durée ne cesse d'augmenter ces dernières années. En 2014, il était encore de 343 926.

Forte augmentation chez les femmes

Que ce soit chez les ouvriers, les employés ou les indépendants, les catégories d'âge qui comptent le plus de malades à longue durée sont les plus élevées: les 55-59 ans pour les ouvriers et employés, les 60-64 ans pour les indépendants. La catégorie la moins touchée est celle des moins de 20 ans.

En moyenne, les ouvriers sont en invalidité à l'âge de 45,42 ans, les employés à 45,06 ans et les indépendants à 50,84 ans. Chez les femmes, le nombre d'entrées en invalidité est passé de 14 094 à 33 026 entre 2005 et 2014 (+18.932, soit une augmentation de 134,33%).

En parallèle avec l'augmentation du nombre de malades à longue durée, l'Inami souligne que 3 157 trajets de réinsertion socioprofessionnelle étaient en cours en 2015. En 2014, seules 1889 personnes en incapacité de travail suivaient ce type de trajet. Avec ceux-ci, l'Inami veut aider, en collaboration avec les offices de l'emploi (VDAB, Actiris, Forem et Awiph) et les organismes assureurs, les personnes en incapacité de travail à rafraîchir leurs compétences acquises auparavant ou à en acquérir de nouvelles.

Par ailleurs, 39 787 personnes en incapacité de travail ont repris le travail à temps partiel début 2015, dont 35 989 salariées et 3798 indépendantes. Là aussi, on constate une augmentation: en 2014, 34 253 avaient fait ce choix. Pour 44,78% des travailleurs salariés et 27,94% des indépendants, cette reprise du travail à mi-temps a permis une reprise complète.

Diminuer le coût de ces incapacités

Le coût des incapacités de travail est élevé et en ces temps de disette budgétaire, le gouvernement souhaiterait les réduire. En 2014, les montants des indemnités s'élevait à plus de quatre milliards d'euros, contre trois milliards en 2010.

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, assure à Belga réaliser une réforme profonde de l'assurance incapacité de travail, "étapes par étapes" et mettre l'accent sur "l'encouragement à la réinsertion des personnes concernées. Ces réformes doivent contribuer à garder sous contrôle le nombre de personnes en incapacité de travail et les dépenses pour les allocations de ces personnes".

Elle assure désirer une approche positive, en parlant notamment de capacité au travail et non d'incapacité. "Le but est de voir ce que le travailleur peut encore faire". Pour la ministre, l'emploi est une source importante de contacts sociaux et d'expériences sociales. "Une grande majorité des malades de longue durée veulent retourner au boulot", affirme-t-elle en se basant sur une enquête de la "Vlaamse Patiëntenvereniging".

Aider davantage de personnes à se remettre au travail

Afin de mettre en place la réintégration, la ministre souligne avoir pris différentes mesures comme la mise en place d'un trajet de réintégration. En juillet dernier, elle indiquait, dans une interview aux journaux L'Écho et De Tijd, sa volonté de mettre en place des sanctions pour les malades qui ne collaborent pas à leur réintégration sur le marché du travail.

En mai dernier, elle avait annoncé son intention d'envoyer deux questionnaires aux malades longue durée afin "d'aider davantage de personnes à se remettre au travail". La proposition avait été accueillie froidement par les mutualités et les syndicats.

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