Le nombre d'enfants exclus du secondaire a triplé en 20 ans

Le nombre d'enfants exclus du secondaire a triplé en 20 ans
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Le nombre d'enfants exclus du secondaire a triplé en 20 ans - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

L'an dernier en Fédération Wallonie-Bruxelles, près de 4000 élèves ont été exclus principalement pour des problèmes de comportement, mais les sanctions infligées surfent parfois avec la légalité.

Colette est maman de trois enfants. Son fils de 13 ans est aujourd’hui exclu de son école. Colette explique les faits invoqués par l’établissement : "On lui reproche de ne pas être attentif, de parler au mauvais moment, de poser des questions trop en décalage, de bouger, enfin tout ce qui fait qu’on n’a pas un petit mouton en classe ", se désole-t-elle.  Cette déscolarisation qui dure depuis trois mois, a des répercussions grave pour Antoine qui fait aujourd’hui une vraie phobie de l 'école.

"Il ne peut plus entrer dans l’école et il n’y a pas d’alternative " explique la maman.

Des chiffres en nette hausse

Ce cas est loin d’être isolé. L’an dernier, 2405 élèves du secondaire ont été exclus en Wallonie et à Bruxelles. 1363 ont fait face à un refus de réinscription. Total : presque quatre mille exclusions.  En 2014-2015, 2104 élèves étaient exclus dont 1457 n'ont pas été réinscrits, soit une augmentation de 14% en un an.

De manière générale, les trois quarts des exclusions sont motivées par des problèmes de discipline. Les faits graves de violences et d'atteinte aux biens sont nettement moins souvent évoqués.

A la limite de la légalité

Selon Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant, "De plus en plus de situations sont à la limite de la légalité. Des écoles excluent beaucoup trop rapidement des élèves qui ont un comportement difficile. Il s’agit souvent de répétitions de petits faits qui motivent les exclusions plutôt que des faits graves ", confirme-t-il.

Légalement, les écoles ne peuvent pas refuser un élève mineur exclu d'un autre établissement scolaire. Mais dans les faits, retrouver une école s'assimile souvent au parcours du combattant.  "L’exclusion scolaire est la voie royale vers le décrochage scolaire", explique Bernard De Vos. Pour lui, "Il est rare qu’un enfant améliore son comportement de manière fondamentale dans une autre école ".

Un groupe de travail dédié à cette problématique est prévu dans le cadre de la réforme scolaire.

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