"Le monde d’Ayden", la plaine de jeux intérieure qui dépasse les différences

Une plaine de jeux inclusive a vu le jour à Uccle début septembre. Le principe : des jeux à l’intérieur adaptés à tous les enfants : qu’ils soient ordinaires ou porteurs de handicap. Elle s’appelle Le monde d’Ayden, du nom du deuxième enfant de Lou Garagnani, un petit garçon de 4 ans aux besoins spécifiques.

Cette jeune maman pleine de rêves et d’énergie a créé cet endroit de toutes pièces pour que ses trois enfants puissent s’amuser au même endroit. Et le concept répond au besoin de nombreuses familles.

Un monde merveilleux

Installé dans un ancien garage à Uccle, le monde d’Ayden est une grande salle colorée au centre de laquelle trône un bateau de pirates muni d’un toboggan. D’un côté, une vieille voiture jaune où les enfants adorent se précipiter pour faire semblant de partir en voyage. De l’autre, un coin motricité en tapis mous, une grande balançoire et même un gigantesque tapis d’écrans sur lequel les enfants se promènent au milieu de l’espace ou au fin fond des mers en fonction des images qui défilent.

Aux murs, des panneaux en langue des signes décrivent les activités. Ici, tout a été pensé, adapté et aménagé pour accueillir aussi bien les enfants ordinaires que ceux atteints de handicaps.

"Tout est un peu basé sur le sensoriel, précise Lou Garagnani, maman d’Ayden et fondatrice de la plaine de jeux. Les éclairages sont réglables en intensité et colorés, tout change très doucement. Il n’y a pas de gros éclairage blanc ou de néon, parce qu’on sait que c’est un peu compliqué pour certains enfants. Tout est de plain-pied, on a pensé à la matière au niveau des sols. Plein de petits détails qui font la différence au final".

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Ayden, 4 ans, est à l’origine du projet fou de sa maman © Sarah Heinderyckx

Le snoezelen : bénéfique pour tous

Derrière une porte se cache un petit espace confortable et au calme. Une lumière bleue inonde la pièce décorée de petits objets fluorescents et d’un tube rempli d’eau et de bulles. Des coussins au sol invitent à se reposer. C’est ce qu’on appelle un snoezelen, un espace multisensoriel bien connu dans le monde du handicap, mais très peu dans le monde ordinaire.

Pourtant, Lou l’a constaté, cet espace est bénéfique pour tous. "Que ce soit pour des enfants à besoins spécifiques ou non, des adultes, des personnes âgées ou des bébés, c’est un espace où tout le monde peut être au calme, où on peut se recentrer sur soi-même", explique-t-elle.

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Le "snoezelen" est un espace de détente et de découverte multisensorielle © Sarah Heinderyckx

Répondre à une demande

C’est pour son fils Ayden que Lou a imaginé ce domaine où il est roi. Ne trouvant aucun endroit pour accueillir son enfant aux besoins spécifiques en même temps que son grand frère et sa petite sœur, elle décide de le créer elle-même. Mais la famille n’est pas la seule dans le cas et de nombreuses personnes s’intéressent au concept.

"Ce qui est intéressant, c’est que certaines familles viennent de loin, a remarqué Lou. On a des parents qui viennent de Mons ou de Namur alors qu’on est à Uccle. Et en fait on se rend compte qu’on répond à un vrai besoin. Il y a un vrai manque, il n’y a pas d’espaces d’activités intérieures pour les enfants qui sont adaptés à la différence".

À cause du Coronavirus, les enfants ne peuvent venir que sur rendez-vous pour des activités ou des stages, sans leurs parents. Mais ceux que nous avons rencontrés sont ravis de les déposer.

"C’est adapté aux handicaps de nos enfants, nous confie Christophe Absillis, le papa de la petite Sofia. C’est plus calme, il y a moins de monde. Il y a une surveillance et une présence, c’est génial".

Une aubaine pour les fratries

Ayden a un grand frère et une petite sœur, sa maman rêvait d’un endroit où ils pourraient s’amuser tous les trois. De nombreuses fratries ont déjà pris leurs habitudes, comme June, 10 ans, et sa petite sœur Juliette, 5 ans, atteinte de trisomie.

Elles ont trouvé à Uccle le terrain de jeux idéal. Elles peuvent y passer du temps ensemble, ou chacune de leur côté (si vous cherchez Juliette, allez voir du côté de la voiture, elle l’adore). Pour l’aînée, c’est aussi l’occasion d’échanger avec d’autres.

"Dans mon école, il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont un handicap comme celui de ma sœur, donc je n’ai pas la possibilité d’en parler, explique June. Enfin, je parle de ma petite sœur, bien sûr, mais ici il y a aussi des grands frères et des grandes sœurs et on peut discuter entre nous du ressenti d’avoir un petit frère ou une petite sœur qui a un handicap".

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June et Juliette sont devenues des habituées, les deux sœurs ont trouvé ici le terrain de jeux idéal. © Sarah Heinderyckx

Difficultés liées à la crise sanitaire

Pour Lou, voir les enfants jouer ensemble dans ce bel écrin qu’elle a créé et ce, quelles que soient leurs différences, c’est la plus belle des réussites.

Mais l’ouverture du monde d’Ayden est mal tombée en pleine crise sanitaire. Pour tenir le coup jusqu’à l’allègement des mesures, elle a lancé une cagnotte de soutien à laquelle tout le monde peut participer en cliquant ici.

Plaines de jeux intérieures rouvertes: archives JT du 24/06/2020

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