Le mimosa : star des carnavals et trésor de la côte d'Azur

Dans de nombreuses régions, comme à Binche, le carnaval est synonyme de mimosa. Cette fleur aux petites boules jaunes est traditionnellement offerte en petits bouquets ou boutonnières à l’occasion des festivités pour porter bonheur. La plupart du temps, ces brins viennent du sud de la France, non loin de Cannes, où nous avons décidé de nous rendre pour rencontrer les producteurs de cette fleur emblématique.

Des collines couvertes d’or

Chaque hiver à la côte d’Azur, c’est le même spectacle : les collines se couvrent d’or. De mi-décembre à mi-mars les nombreux arbustes de mimosa apportent une touche de soleil dans le paysage hivernal. Cette plante dorée, devenue emblématique de la région est pourtant venue d’Australie et n’a fait son apparition en France qu’au 19e siècle.

"Beaucoup associent le mimosa à Joséphine de Beauharnais, la compagne de Napoléon Bonaparte, explique Philippe Dejoux, guide dans la région. Séduite par cette plante, elle fait venir le mimosa dans sa propriété du côté d’Hyères. Les amis des Bonaparte se disent quelle belle plante. Et, phénomène de mode, ils commencent à implanter le mimosa dans leurs propriétés".

Activité commerciale

Petit à petit, la mode est devenue commerce. Sur le massif du Tanneron, à quelques kilomètres de Cannes, la famille Reynaud exploite le mimosa depuis trois générations. Mi-février, nous sommes en pleine période de production. Les arbustes ont fleuri très vite cette année, alors tout le monde met la main à la pâte.

"Le mimosa, c’est une plante qui a une très forte végétation, explique Fabien Reynaud, sécateur électrique à la main. Sur une année, elle peut faire des pousses de trois à quatre mètres. Il ne faut pas hésiter à le tailler sévèrement chaque année pour avoir belle récolte".

"Il faut aller très très vite, ajoute sa sœur Cécile. C’est une course contre temps, contre la floraison en fait. Ça nous met toujours un peu de pression parce qu’on ne maîtrise pas… La température, le vent, les éléments naturels. Remarquez c’est pas plus mal, il faut être humble devant nature, devant le mimosa".

Une histoire de famille

Les bonnes années, la famille écoule 50 à 60 tonnes de Mimosa vers la France et la Belgique, soit environ 500.000 branches. Une production impressionnante qui contraste avec les débuts modestes de l’exploitation.

"Ma mère a commencé après la guerre de 14, nous confie Jean-Paul Reynaud, presque 70 ans, le père de Fabien et Cécile. À l’époque, on ne travaillait pas comme ça, c’était beaucoup plus rudimentaire. Puis après la guerre de 40, ça s’est développé plus industriellement. Et ici dans le coin, parce que c’est local le mimosa, il y avait tout de même une centaine de producteurs".

Fleur locale et de saison

Dans les années 90, le métier pénible, la pression foncière et la concurrence des fleurs hollandaises en découragent beaucoup. Aujourd’hui ils ne sont plus que quelques-uns à profiter d’un regain d’intérêt pour cette fleur locale et de saison. Chaque année, près de 3000 bouquets prennent aussi la direction de Binche pour le carnaval. Les importateurs de la région sont des clients fidèles.

"On envoie du mimosa à Binche tout l’hiver, et pour le festival… Enfin pour le carnaval, on en envoie beaucoup plus, on inonde la place, précise le mimosiste. Le mimosa, c’est le soleil… C’est la côte d’azur !"

Métier changeant

Si le métier a évolué, la base reste la même : un sécateur et de l’huile de coude sous le soleil du sud de la France. Et pour la famille Reynaud, toujours la même passion.

"Ce n’est jamais monotone, ce sont des productions vivantes, extrêmement aléatoires ce qui peut être inconvénient, mais nous, on y voit aussi un avantage parce qu’on se renouvelle chaque année", confie Cécile.

Après la saison du mimosa, la famille produira des feuilles d’eucalyptus pour les fleuristes et du jasmin pour les parfumeurs de la région avant de revenir à la fleur d’or dès l’hiver prochain.

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