Le miel belge en danger: le climat responsable

Le miel belge en danger: le climat responsable
Le miel belge en danger: le climat responsable - © Pixabay

En Belgique, les conséquences du changement climatique ont bouleversé les récoltes de miel. Et pour cause, ce mois de mai est chargé de surprises. Pics de froid, gels, neige… Le cycle des abeilles est touché et les récoltes de miel en pâtissent.

Pour se rendre compte du phénomène qui touche en ce moment la Belgique, il faut se rendre chez un apiculteur. Le nôtre se trouve à Court-Saint-Etienne. Claudy Englebert possède quarante ruches, toutes installées dans son jardin.

Selon lui, la récolte de printemps a été catastrophique. "Le printemps a été rude, étant donné qu’il faisait froid. Les fleurs étaient là, mais, régulièrement, elles ont subi le gel. Conséquence, pas de pollen ni de nectar. Les abeilles ne peuvent donc pas se nourrir." Pour le comprendre, il suffit de regarder du côté des chiffres.

Chiffres alarmants et climat capricieux

Les dernières récoltes ont donné les pires chiffres, comparé à 1980, autre année d’hécatombe. Les ruches de Claudy lui ont rapporté environ 2kg. Un nombre en chute totale si l’on compare avec les récoltes de l’an dernier. "Pour une année normale, on peut aller jusqu’à 20kg", explique l’apiculteur. Cette baisse a fait chuter de plus de 30% la production agricole.

Pour Claudy, apiculteur depuis 1960, les variations brutales du changement climatique expliquent cette diminution.

Le Centre Apicole de Recherche et d’Information (CARI) s’est penché sur ces variations de climat. Agnès Fayet est membre du laboratoire à l’UCLouvain. Elle dresse le tableau de ces nouvelles perturbations environnementales.

“On est dans une problématique de type météo. Il faut bien comprendre que les abeilles butinent des plantes de types arborés (présence de fleurs). Mais cette année, les abeilles ont été contrecarrées par des phénomènes météo tels que des pics de froid au printemps ou des périodes très pluvieuses. Conséquence, l’arbre ne donne pas la ressource nécessaire à l’abeille”

Cocktail de poison

La spécialiste du CARI précise dans cette interview qu’il ne s’agit pas ici de pesticide. Selon elle, seul le climat est responsable de ces faibles productions. Mais Claudy est catégorique. Pour lui, les intrants chimiques sont responsables de l’affaiblissement des abeilles.

Dans le métier depuis 60 ans, il a observé des changements.

“Il est évident que le changement climatique mélangé aux méthodes de l’agro-agriculture font beaucoup de tort aux abeilles. Il y a donc un double effet. Premièrement, un hiver plutôt doux. Les colonies d’abeilles ont donc survécu et se sont mises en mode hibernation. De l’autre côté, les plantes utilisées par les agriculteurs pour aller pomper le nitrate des sols sont apparues vers les mois de novembre et d’octobre. Résultat, les abeilles sortent de leur hibernation pour butiner. Mais vingt jours plus tard, elles meurent. Les abeilles sont donc très affaiblies pour survivre au printemps rude de cette année.

Le temps des prévisions

De son côté, Agnès Fayet n’est pas plus rassurée quant à cet été. "C’est le même problème quand le climat est trop sec. En voyant les épisodes de chaleurs des derniers jours, on doit s’attendre à quelque chose de similaire pour cet été."

Néanmoins, l’apiculture n’a pas de soucis à se faire en Belgique. Dans les prochaines années, notre plat pays devrait être le pays parfait pour la culture d’abeille mellifère.

"Les pays du sud de l’Europe vont connaître un problème. Il va y avoir un mouvement vers le nord. En ce moment, l’Espagne connaît des gros problèmes avec des périodes de sécheresse énormes. Les abeilles ont besoin d’eau, tout comme les arbres qu’elles butinent. Donc la Belgique a de fortes chances de devenir un biotope intéressant pour l’apiculture", conclu Agnès Fayet.

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