Le Mexique à l'honneur au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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Le Festival Mexique s'ouvre ce vendredi soir au palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Dans le cadre du bicentenaire de l'indépendance du Mexique, et du centenaire de sa révolution, il donnera un aperçu de la culture mexicaine.

Jusqu'au  25 avril, c'est un aperçu de la culture mexicaine, tant historique que contemporaine, qui sera proposé au public. Au programme : cinq expositions de peintures et de photos, des concerts de musique baroque et traditionnelle, un spectacle de "lucha libre", des rencontres avec des écrivains, et bien sûr un volet consacré au cinéma mexicain.

Au nom de l'histoire

Cette exposition s'inscrit dans le cadre, cette année, du bicentenaire de l'indépendance du Mexique, et le centenaire de sa révolution.

En 1910, s'installait le premier mouvement social important du 20ème siècle. La révolution, conduite par Emiliano Zapata cassait l'image conservatrice du Mexique, et ouvrait des perspectives de démocratie.

Cette liberté, cette volonté de socialisation à Mexico a drainé bon nombre de jeunes artistes européens. Frida Kahlo (photo, ci-dessous), née en 1907 à Mexico, a  grandi dans cette atmosphère sociale et politique. C'est important de le souligner pour comprendre son œuvre. C'est avec son exposition que s'ouvre le festival Mexique au palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Frida Kahlo, autoportrait, 1945 © Collection Museo Dolores Olmedo, Xochimilco, México

Frida Kahlo, peintre majeur au destin tragique

Frida Kahlo a représenté un nouveau courant artistique au Mexique. Née d'une mère hispano-indienne, proche des surréalistes et d'un père  hongro-allemand, photographe, elle a, toute sa courte vie (elle est morte à 47 ans,), subi de graves problèmes physiques. A 6 ans, elle est atteinte de poliomyélite. A 17 ans, en rentrant des cours en bus, elle subit un grave accident qui l'immobilise pendant quelques mois à l'hôpital.

C'est à cette période qu'elle commence à peindre. Elle rencontre ensuite un peintre déjà célèbre, Diego Rivera, de 20 ans son aîné, qui va la pousser à poursuivre son œuvre, et qui deviendra son mari.

Un couple légendaire

Frida Kahlo et son mari Diego Rivera étaient un couple légendaire. La liberté de leurs actes, de leur art et de leur vie sexuelle ont défrayé la chronique à l'époque, au Mexique et aux Etats-Unis où ils ont vécu quelques années.

Ils ont d'ailleurs inspiré pas mal de scénaristes de films mais ce qu'il faut retenir des peintures de Frida Kahlo, c'est qu'elles sont toutes influencées par ses problèmes physiques (séquelles de ce fameux accident),  par ses manques (fausses couches, avortements, elle doit très vite accepter de ne pas avoir d'enfant).

Elle va peindre tout ça, mais dans un style proche des surréalistes et des symbolistes.

Un exemple : le tableau "La columna rota" ("La colonne brisée" en français) qui date de 1944. A cette époque, Frida Kahlo doit porter un corset en acier qui la fait beaucoup souffrir. Frida se représente, belle femme aux seins nus, mais corsetée par des lanières, le corps criblé de fléchettes.

La columna rota (The Broken Column), 1944 © Collection Museo Dolores Olmedo, Xochimilco, México

Autre exemple, une  toile de 45 : "Sans espoir". Frida Kahlo à cette époque est anorexique. Elle  se représente, couchée dans un lit, un entonnoir vissé dans la bouche, et au-dessus de l'entonnoir, des morceaux de viande crue et une tête de mort.

Précisons que l'exposition "Frida Kahlo y su mundo", une collection du Musée Dolorès Olmedo, est proposé au Palais des Beaux-Arts, jusqu'au 18 avril.


C.B. avec N. Debarre

Le Festival Mexique, c'est au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu'au 25 avril 2010

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