Le mâtin belge, cette race de chien en pleine reconstruction

Le mâtin belge, cette race en pleine reconstruction
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Le mâtin belge, cette race en pleine reconstruction - © Asbl De Belgische Mastiff

Gisco, neuf ans, et Pitou, quatre mois font partie des 12 000 chiens présents à Brussels Expo ce week-end pour le festival européen du chien. Ce sont des mâtins belges, une race très peu connue. Et pour cause, elle est en reconstruction pour le moment. Il n'existe que soixante mâtins belge en Belgique et trois éleveurs de cette race, tous en Flandre. L'un d'eux, Geert De Doncker est au festival du chien de Bruxelles. Il qualifie le mâtin belge de "calme, docile, mais aussi très vigilant... C'est très bien pour une famille, mais ça peut être parfois difficile avec un autre chien ou avec des inconnus".

Utilisé comme chien de trait

Le mâtin belge était très populaire au début du vingtième siècle. Il était alors utilisé en chien de trait, notamment pendant la Première guerre mondiale. "Son premier travail était de tirer les mitrailleuses, il cherchait aussi des morts sur les champs de bataille. Il était aussi utilisé pour tirer les chariots pour les laitiers ou tout autre personne qui faisait du commerce. Au niveau du caractère, c'est logique parce que ça doit être un chien très calme qui est facile à manipuler et à entraîner", explique Jos De Cuyper, spécialiste des chiens de race.

Le déclin et la disparition

Le mâtin belge est donc très utilisé pendant la Grande Guerre, notamment par l'armée belge, mais son usage va s'affaiblir dans les années qui suivent avant de disparaitre, presque complètement, dans les années 50. "En 1951, la loi a changé. A partir de là, c'était défendu de tirer des chariots avec des chiens sauf pour des handicapés. Cela est d'ailleurs toujours autorisé aujourd'hui", détaille Jos De Cuyper.

Le retour dans les années 90

Il y a environ vingt ans, la race réapparait, à l'initiative d'un éleveur belge, soutenu quelques années plus tard par Geert De Doncker et son épouse qui créeront l'Asbl, De Belgische Mastiff. Désormais, ils ont cinq mâtins belges à la maison. La reproduction de ce chien se fait dans un cercle très familial et très contrôlé. Le but est que le mâtin belge actuel finisse par ressembler le plus possible au chien du début du siècle dernier. "Pour moi, ce qui est important, c'est que ce chien fait partie intégrante de notre patrimoine en Belgique. Et quand on voit l'histoire de ce chien, à certains moments, il a joué des rôles importants, courts mais intenses. C'est pourquoi cette race doit avoir une nouvelle chance d'être reconnue", raconte Geert.

Pour l'instant, la race est donc en reconstruction, mais elle sera une race à part entière dans une dizaine d'années environ.

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