Le marché belge de l'emploi est inadapté

le marché de l'emploi serait totalement inadapté
le marché de l'emploi serait totalement inadapté - © RTBF

D’après une étude récente de la Banque Nationale, les offres et les demandes sont totalement opposées sur le marché de l'emploi. Il y a un véritable gouffre entre les entreprises qui veulent du personnel qualifié, et les demandeurs d'emploi peu diplômés.

Ce fossé entre l’offre et la demande explique pourquoi tant de personnes restent au chômage alors que de nombreux emplois ne trouvent pas de candidats. D’après la Banque Nationale, une telle inadéquation ne se retrouve dans aucun autres pays d’Europe de l’ouest.

Cas concret : comment recrute-t-on dans un domaine spécifique à la STIB ?

Dans l’atelier d'entretien et de réparation du métro de la STIB, la société de transports bruxellois, on a besoin d'un personnel très spécialisé.  Pour le recruter, il faut trier les candidats sur le volet. Le directeur technique, Renaud de Saint-Moulin, explique que la première démarche de recrutement est de vérifier si le candidat a la base technique générale suffisante pour entrer dans un cycle de formation spécifique.   

Vient ensuite l’entretien technique où l’on vérifie si le candidat a des affinités pour métier qu’il convoite, ainsi que ses motivations personnelles. Car les candidats qui intéressent la STIB ne sont pas directement opérationnels.  Le personnel technique et les conducteurs par exemple, doivent être formés, ce qui représente un gros investissement pour l'employeur.

Des formations qui coûtent cher

Le directeur du centre de formation "métro" de la STIB, Pieter Cooreman en témoigne par ces exemples : "un technicien métro reçoit minimum 25 jours de formation de base et un conducteur en reçoit au moins 50".

Les problèmes entre l’offre et la demande dépendant de la qualité de la formation

La STIB, le plus gros employeur de Bruxelles, reçoit chaque année 20.000 candidatures spontanées dont 90% ne sont pas retenues.  Pour le directeur des ressources humaines, Baudouin Auquier, la principale raison de l'inadéquation entre la main d'œuvre et les besoins de l'entreprise, provient d'un problème de formation. Il faut, dit-il, "aligner les efforts de formation qui sont importants en Belgique, de façon permanente", tant à l’école qu’en entreprise.

Le contexte du marché de l’emploi est de plus en plus tendu

Tous les employeurs n'ont pas les moyens ou la volonté de former énormément le personnel qu'ils recrutent, mais il y a aussi d'autres raisons pour lesquelles l'offre de main d'œuvre et la demande des employeurs ne se rencontrent pas. Stéphane Thys est coordinateur à l’Observatoire bruxellois de l’Emploi chez Actiris. Il explique que le marché du travail évolue dans un certain contexte qui est aussi beaucoup plus tendu qu’auparavant : "les niveaux de mobilité sont plus importants dans certains secteurs. Il y a aussi des difficultés de fidélisation du personnel dans certaines firmes, etc. Tous ces facteurs concourent à créer un contexte de tension permanente".

La Belgique est l'un des pays européens où la main d'œuvre disponible et les employeurs sont le moins sur la même longueur d'ondes et il n'y a pas à dire, pour y remédier, il y encore du boulot.  

I.L. avec J.F. Noulet

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