Le logiciel libre comme solution d'avenir ?

Le logiciel libre comme solution d'avenir ?
Le logiciel libre comme solution d'avenir ? - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

La semaine du numérique vient de se terminer, l’occasion de mettre l’accent sur le logiciel libre et son utilisation dans le secteur public.

Alors qu’il existe de nombreux logiciels libres dans tous les domaines (photos, traitement de texte, base de données, etc.), pourquoi ne sont-ils pas plus utilisés dans les administrations et les écoles ?

Le logiciel libre — contrairement au logiciel commercial — peut être utilisé, copier, étudier et même modifier librement, selon les besoins des utilisateurs.

Ce dernier point est important, en donnant accès (contrairement aux logiciels commerciaux) au code source de l’application, c’est-à-dire à ses entrailles. Les utilisateurs peuvent ainsi contrôler, vérifier le code et, au besoin ,le corriger lorsqu’il y a, par exemple, des failles de sécurité. Ce qui assure à ces logiciels une bonne immunité aux attaques extérieures.

En région bruxelloise, une partie significative des serveurs qui contiennent les données des entreprises " tourne " avec des logiciels libres. C’est aussi le cas des serveurs qui hébergent les sites internet.

C’est au niveau des utilisateurs finaux que tout se complique. Dans les bureaux par exemple.

 À Bruxelles, seules deux communes travaillent avec des logiciels libres : Anderlecht et St-Josse. A la Cocof, le logiciel libre a été utilisé pendant  10 ans, mais ce n’est plus le cas depuis 2015.

Retenons celui de la France, où la gendarmerie est passée au logiciel libre.

Economiquement intéressant?

Le passage d’une administration au logiciel libre n’est pas forcément synonyme d’économies — en tout cas pas tout de suite. C’est ce qu’explique Yves Deville, professeur à l’école polytechnique de Louvain à l’UCL : " Un des objectifs du passage au logiciel libre est bien sûr de faire des économies, mais ces réductions de coûts ne sont pas nécessairement exorbitantes. Simplement du fait d’un transfert de coût. Les transferts des coûts d’achats se fait vers des coûts de services. Il faut donc payer des informaticiens pour configurer, pour gérer, pour spécialiser les produits open source à l’administration, à l’entreprise.

En résumé, on déplace le coût des licences payées — bien souvent — à des entreprises basées à l’étranger — vers des services qui eux peuvent se trouver en Belgique. Avec, à la clé, la création d’emplois.

Sans oublier, pour les entreprises, la possibilité de mutualiser les coûts, puisque plusieurs sociétés peuvent travailler en commun au développement d’un logiciel dont elles ont besoin.

Pourquoi ça ne prend pas ?

Les raisons sont évidemment multiples. Mais on peut certainement retenir la peur du changement chez les utilisateurs.

Les entreprises commerciales l’ont bien compris… Tout commence à l’école.

Nicolas Péttiaux, maître assistant à l’école supérieure d’informatique HEB le confirme : “Le coût marginal de production, c’est-à-dire le fait de produire le dernier élément, est quasiment nul pour un logiciel. Donc, on peut le donner très, très largement. Ça ne coûte pas plus cher au fabricant de permettre l’usage… Et une fois que les gens se sont habitués à l’usage d’un produit, on peut les faire payer dans un deuxième temps. En ce qui concerne le monde scolaire, c’est la raison vraisemblablement principale pour laquelle Microsoft ‘donne’ largement ses outils dans les écoles. C’est pour que, plus tard, ils fassent pression directement ou indirectement  sur leurs employeurs qui eux payeront l’usage de l’outil.”.

On l’aura compris, dans un premier temps le changement doit venir du politique, tant au niveau de l’enseignement que pour l’implanter dans les administrations.

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