Du latin pour tous en secondaire, même en technique: une bonne idée?

Marie-Martine Schyns (cdH) l'a confirmé ce vendredi matin sur La Première : le futur tronc commun pour les élèves de l'enseignement secondaire comportera deux heures de latin par semaine pour tous les élèves de 2e et 3e secondaire. Tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles, quelle que soit leur filière, seront donc initiés à la langue de César. Pour la ministre de l'Enseignement, le latin est "une école de la rigueur. La grammaire latine apporte énormément à l'apprentissage de la langue française".

Mais les élèves de l'enseignement technique et leurs parents seront-ils sensibles à cet argument ? Bernadette Deville, directrice de l'Institut Don Bosco à Woluwe-Saint-Pierre, ne voit "aucun inconvénient" à ce que ses élèves suivent un cours de latin. "Ça peut les aider à s'orienter vers des sujets plus littéraires ou scientifiques après, souligne-t-elle. Pour moi ça ne pose pas de problème", affirme-t-elle au micro de la RTBF.

La directrice de cet établissement technique insiste malgré tout sur un point : il faudra que les professeurs passent par "de la pédagogie active, dynamique, sous forme de jeu" pour attirer l'attention de la classe.

 

"Quel est le rapport entre le cours de latin et l'électricité ou la mécanique ? Je pense que là il y a un fossé qu'il faudra essayer de résorber et ça ne sera pas évident", avance pour sa part Patrick Deleu, directeur de l'Institut technique Saint-Luc à Mons.

Quant à Françoise Colinia, préfète de l'Athénée royal de Mons, elle est sceptique. "C'est impossible d'apprendre le latin (...) en deux heures" par semaine, estime-t-elle. Pour elle, on devrait plutôt parler d'un cours de "culture latine".

Candice Honorez est professeure de langues anciennes à l'Athénée royal de Mons. Elle l'affirme : le cours de latin "n'est pas élitiste du tout", d'autant que "personne n'en fait en primaire. C'est leur langue, l'air de rien".

Il n'empêche, concède-t-elle, "il va devoir y avoir des adaptations" pour que tous les élèves s'y retrouvent.

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