Le lait en poudre menace d'inonder le marché: les agriculteurs dans la rue

Les producteurs de lait à nouveau dans les rues de Bruxelles ce lundi. Une colonne de tracteurs partira du Hainaut ce matin pour se rendre devant le bâtiment où se tient une réunion du Conseil européen de l’Agriculture. Même s’ils ne s’attendent pas à être très nombreux, ils compte bien mener une action spectaculaire devant le Juste Lipse, le bâtiment où se déroule la réunion.

Un prix à peine suffisant

La raison de leur colère, cette fois, c’est l’arrivée sur le marché, de milliers de tonnes de lait en poudre achetées et subsidiées par la Commission européenne lorsque le prix du lait était au plus bas. Ce seraient ainsi quelques 360.000 tonnes de poudre de lait (pour la Belgique) qui sont remis sur le marché en quelques semaines. De quoi faire baisser un prix déjà à peine suffisant pour faire vivre des exploitations déjà mises à mal par des crises successives.

C’est ce qui arrive à la Yvon Deknudt, qui exploite la ferme des 5 épines à Braine-Le-Comte. Avec ses 65 vaches, il gagne à peine de quoi équilibrer ses comptes. "Avec ce prix de 32 cents, je parviens aujourd’hui à payer mes factures mais j’ai du mal à rembourser mes dettes. Et surtout, je ne sais même pas me payer. Qui accepterait de travailler 16h par jour sans salaire ? Il n’y a que les fermiers pour accepter ça. Un fermier ne se mettra jamais en faillite. Il va d’abord manger tout son capital avant de se retrouver sans rien et ne plus pouvoir payer ses factures. C’est pour ça qu’il y a des drames chez les agriculteurs. La situation s’est améliorée pourtant. Les dernières années, le prix du lait était tombé jusqu’à 20 cents. Mais il faudrait qu’il monte jusqu’à 45 cents pour que je puisse me payer uns alaire décent. On en est loin… "

Une bonne idée au départ

L’intervention de l’Union européenne avait pour but de maintenir un prix correct en achetant du lait et en le stockant au plus fort de la crise. Mais "remettre de telles quantités sur le marché aujourd’hui, c’est anéantir, tout l’effet positif de l’opération. Les prix vont à nouveau dégringoler. Et on a pas eu assez de temps pour renflouer nos trésories" déplore Yvon Deknudt.

"Il faut absolument que l’UE accepte un système de régulation. Quand les prix chutent, il faut plafonner la production. Et le manque à gagner pour les producteurs serait financé par un Fond de compensation alimenté par les agriculteurs eux-mêmes durant les bonnes années. Ça mettrait fin à ces variations de prix qui mettent systématiquement en difficulté les petits producteurs. Mais les experts de la Commission vivent sur une autre planète. Ils ne comprennent rien à notre situation. C’est pour cela que nous allons les secouer un peu à Bruxelles" conclut Yvon Deknudt, calme mais déterminé.

Et il ne sera pas seul. D’autres agriculteurs européens devraient se joindre au mouvement ainsi que des ONG comme Oxfam ou SOS Faim.

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