Le jouet traditionnel va-t-il disparaître en faveur du high tech?

Le jouet tradionnel va-t-il disparaître en faveur du high tech?
Le jouet tradionnel va-t-il disparaître en faveur du high tech? - © AFP PHOTO / BERND SETTNIK /GERMANY OUT

En France, selon Le Monde, les enfants se détournent des jouets traditionnels de plus en plus tôt pour se laisser tenter par les nouvelles technologies. A tel point que les professionnels du secteur s'en inquiètent. Une situation que ne semble pas connaître le marché belge. Pour certains même, "le jouet traditionnel a repris une place aux dépens du reste".

A la question de savoir si les enfants voudront encore des jouets à Noël, comme se demandait Cécile Prudhomme dans le quotidien français de ce lundi, il semble qu'en Belgique ce soit toujours le cas. Les professionnels du secteur, en tout cas, ne s'en inquiètent pas. Pour Marc Folens, de la Fédération belge du jouet, le jouet traditionnel a même repris une place aux dépens du reste et notamment du jouet high tech. 

D'ailleurs, dit-il, le marché français n'a rien avoir avec le marché belge. Chez nous, il y aurait un retour aux valeurs, aux jouets de qualité et une volonté de jouer en famille.

Une envie de "jouer ensemble"

Une tendance que constate les marchands de jouets. En témoigne cette commerçante en jouets d'Auvelais (province de Namur) que nous avons contacté par téléphone. Pour elle, "même si la clientèle joue avec le high tech, il y a toujours des gens qui font attention", "l'un n'empêche pas l'autre".

Si elle reconnaît que les gens sont de facto attirés par les nouveautés (effet pub), ils gardent l'envie d'acheter des jeux "pour jouer ensemble". "Le public qui ne fait que de la vidéo, le faisait déjà avant". Les nouvelles technologies semblent d'ailleurs, selon elle, pousser les gens à se retrouver pour des soirées jeux. "C'est l'opportunité de prendre le temps de jouer ensemble". Cela se marque davantage en période Noël qu'en période de Saint-Nicolas où les parents cherchent davantage à satisfaire les envies de leurs enfants matraqués par la publicité. Et d'ajouter : "Il ne faut pas que ce soit cher pour que ce soient des bons jeux".

Même constat du côté de chez Asmodée, une filiale belge d'un groupe français, spécialisée dans les jeux de société et les jeux électroniques éducatifs. "Depuis 5 ans", explique Eric Vander Linden, responsable pour le Benelux, "il y a un regain d'intérêt pour les jeux de société". Selon lui, nombreux sont ceux qui en ont marre d'être seuls et ont envie de se retrouver à plusieurs pour jouer ensemble. Leurs ventes le prouvent, les jeux traditionnels ont la côte et les jeux électroniques éducatifs sont loin derrière. "Les gens veulent quitter la surconsommation pour des produits alternatifs avec qualité", ajoute-t-il, donnant en exemple la multiplication des magasins de jouets en bois.

Il faut dire que le secteur a eu le temps de s'adapter, dit-il, avec l'arrivée des consoles vidéo (Nintendo, Atari, etc.) au début des années 80. A l'époque, cela coûtait tellement cher dans le budget du ménage (minimum 300 euros) que les parents n'avaient plus d'argent pour acheter en plus des jouets traditionnels. "Il a donc fallu revoir les marges, les coûts de fabrication, le contenu des jeux, etc. Il y a eu une baisse de la qualité des jeux. Ce n'est pas pour rien qu'on s'est retourné vers la Chine". Et aujourd'hui, un jeu tourne entre 10 et 30 euros au lieu de 63 euros pour un Trivial Poursuit à l'époque. "La bonne nouvelle", poursuit-il, "c'est que les gens reviennent aux valeurs, l'envie d'avoir un jeu de qualité et on recommence à produire localement". Ce qui est tout bénéfice pour le consommateur, selon lui, car il conserve un prix réduit pour une bonne qualité. Les marges pour les commerçants et autres, par contre, ont été largement revues à la baisse.

"On ne peut pas dire que les gens se tournent plus vers le marché électronique", commente pour sa part Nicolas Broze dont le groupe du même nom occupe une part importante sur le marché belge. "Des enfants matures de plus en plus tôt cela existe et cela se poursuit". Ce qui est vrai, dit-il, c'est qu'à l'époque les nouvelles technologies étaient difficilement payables pour des jeunes enfants. Aujourd'hui un lecteur MP3 tourne autour des 20 euros. Les parents en achètent donc plus facilement à leur enfant.

Des applications high tech bénéficiant aux jeux traditionnels

Eric Vander Linden de chez Asmodée ajoute que les produits high tech ont non seulement redonner l'envie à ses utilisateurs de "rejouer ensemble" mais ses applications poussent à la consommation, dit-il. "Il y a 5 ans, quand on a vu que les jeux traditionnels faisaient leur apparition sur des supports comme les smartphones, on a eu peur de disparaître". Aujourd'hui, il se rend compte que cela leur amène du public. "Celui qui a pris goût au jeu sur son terminal a envie d'acheter le jeu carton" et de donner en exemple "Les aventuriers du rail". C'est également le cas en sens inverse.

En d'autres termes, les jeux traditionnels sont loin d'être en danger.

 

C. Biourge

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