Le gouvernement italien révoque la concession de la société en charge du viaduc à Gênes

Le gouvernement italien a confirmé mercredi, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire tenu à Gênes, qu'il entendait révoquer la concession de la société gérant le tronçon d'autoroute qui s'est écroulé mardi en faisant au moins 39 morts.

"Nous avons déjà annoncé que nous allions lancer la procédure de révocation de la concession de la société Autostrade", a déclaré le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, au cours d'une conférence de presse. Il n'est pas clair si cette déclaration concernait le seul tronçon de Gênes ou l'ensemble des autoroutes gérées par Autostrade per l'Italia.

"Nous laissons les responsables des enquêtes pénales faire leur devoir mais nous ne pouvons pas attendre la justice pénale", a fait valoir M. Conte. "Nous avons l'obligation de faire voyager tous les citoyens en sécurité, donc nous avançons et nous révoquerons la concession parce qu'il n'y a pas de doute (...) qu'Autostrade avait le devoir et l'obligation, l'engagement, d'assurer l'entretien de ce viaduc et la sécurité de tous ceux qui voyageaient dessus."

Et à l'avenir, le gouvernement sera "beaucoup plus rigoureux dans l'évaluation des clauses" des concessions, a prévenu M. Conte.

Contrôles trimestriels

La société Autostrade per l'Italia, gestionnaire du pont autoroutier qui s'est effondré mardi à Gênes, faisant au moins une quarantaine de morts, s'est défendue mercredi face aux accusations du gouvernement italien.

Dans un communiqué, elle affirme que le pont Morandi faisait l'objet de contrôles trimestriels, ainsi que l'exige la loi. Des
vérifications supplémentaires au moyen d'équipements sophistiques ont été menés et des experts extérieurs consultés, ajoute l'entreprise.

Ces contrôles ont fourni des assurances suffisantes sur l'état de l'ouvrage, poursuit Autostrade per l'Italia.

Le pont Morandi, construit à la fin des années 1960, s'est rompu sur une longueur de 80 mètres mardi en fin de matinée alors qu'un violent orage s'abattait sur la capitale de la Ligurie.

Le Mouvement 5 Etoiles aussi pointé du doigt 

Le parti populiste auquel appartient le ministre des Transports et des Infrastructures, Danilo Toninelli, avait inclut l'édifice dans une liste d'infrastructures dont les rénovations pourraient être annulées "si les bénéfices ne couvraient pas les coûts", rappelle Politico.  

Et dans un texte publié en 2013, le M5S comparait les craintes quant à la sécurité du pont à des "contes pour enfants". Cette analyse a depuis été retirée de leur site internet, mais une capture d'écran subsiste.

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