Les contrôles des allocations Grapa, "un bracelet électronique au pied des vieux"

Une mobilisation de la Ligue des droits humains, des mutuelles, des syndicats ou encore du Gang des Vieux en colère se tiendra ce matin à 10 heures devant le cabinet du ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine.

Ils veulent dénoncer les nouvelles procédures de contrôle de l’allocation Grapa, garantie de revenu aux personnes âgées.

Ils doivent attendre que le facteur vienne bien vérifier qu’ils sont bien chez eux

Michel Huisman est le porte-parole du Gang des Vieux en colère. Il dénonce des contrôles abusifs par rapport aux bénéficiaires de cette allocation. "Ceux qui sont les bénéficiaires de cette allocation, ce sont les vieilles et les vieux de plus de 65 ans qui ne sont pas arrivés au minimum minimorum de pension. Il y en a qui seraient arrivés à des 400, des 500 ou des 600 euros de pension, notamment et principalement les femmes parce que parmi elles beaucoup n’ont pas pu trouver une carrière complète, un plein-temps tout le temps. Et aussi, par exemple, va manifester à nos côtés le secteur culturel du Setca. Il y a donc aussi tout ce qui est danseurs, comédiens, musiciens, qui, n’ayant pas de statut — pendant qu’ils répètent, on ne peut pas considérer qu’ils sont en train de travailler — n’ont pas de carrière complète non plus. Il y a donc environ 120.000 malheureux qui, heureusement, parce qu’il y a de la solidarité en Belgique, touchent un complément, et à cause de ce complément, ils ne peuvent plus bouger de chez eux, ils doivent attendre que le facteur vienne bien vérifier qu’ils sont bien chez eux, qu’ils sont bien eux-mêmes en regardant leur carte d’identité et qu’on peut donc leur donner ce supplément de pension. C’est une honte, c’est indigne !".

Ces contrôles ont lieu à quelle fréquence ?

"Ces contrôles, c’est quand le facteur le souhaite. Il en faut trois, mais trois sur peu de temps, ça n’a pas d’importance. C’est-à-dire qu’un petit vieux ou une petite vieille qui reçoit ce complément de façon à être à 1115 euros de pension — c’est énorme, on peut vivre d’une manière somptuaire avec 1115 euros de pension — grâce à ça, ils doivent demander l’autorisation chaque fois qu’ils veulent partir de chez pour aller deux jours à la mer ou deux jours dans les Ardennes, par exemple, ou s’ils veulent partir à l’étranger voir leurs petits enfants dans n’importe quel pays d’Europe ou d’ailleurs. C’est scandaleux !".

C’est une privation de liberté selon vous ?

"C’est vraiment une double peine, un bracelet électronique au pied de ceux qui sont dans la dernière partie de leur vie, qui devraient pouvoir chichement — parce que 1115 euros par mois, c’est vivre chichement — vivre d’une manière décente et tranquille, sans être stressés en se disant : 'Est-ce que le facteur va passer, ne va pas passer ?' C’est une honte parfaite et nous sommes opposés à tout contrôle des vieux", dénonce Michel Huisman.

Que réclamez-vous ? 

"Nous demandons l’arrêt de ces contrôles. Il y a certainement des petits fraudeurs. Mais si on veut comparer avec les grands fraudeurs, c’est-à-dire ceux qui ne payent pas leurs impôts en Belgique, même des Belges, je ne parle pas des grandes sociétés de téléphonie, je parlerais même de Delhaize qui paye 0,03% d’impôts en Belgique, qu’on ne vienne pas dire que les petits vieux, avec leurs 1115 euros, ne peuvent pas aller dépenser quelques deniers ailleurs que chez eux. C’est une honte ! Il ne faut pas de contrôles, laissez ces vieux vieillir tranquillement", explique Michel Huisman.

Les vieux, des gens normaux ?

Michel Huisman conclut : "Un vieux normal, c’est quelqu’un qui ait suffisamment de moyens pour pouvoir rester dans le système économique de la Belgique et de l’Europe et pour pouvoir contribuer à sa manière à la vie de tous les jours. Et s’il ne le peut plus, parce que quand on devient encore plus âgé, bien sûr on devient dépendant, il faut alors que tout le monde puisse s’occuper de ces vieux-là de façon à leur laisser une dignité et une décence jusqu’à la fin de leurs jours".

Journal télévisé du 17/02/2020

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