Le froid s'installe mais pas de vortex polaire chez nous

Un froid polaire s'installe sur la Belgique
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Un froid polaire s'installe sur la Belgique - © By Randi Hausken from Bærum, Norway

Durant les derniers jours de février et les premiers jours du mois de mars, nos régions vont être exposées à des hautes pressions atmosphériques synonyme de temps sec et de froid de plus en plus vif. C'est la configuration de ce vaste anticyclone hivernal qui explique l'alimentation en air froid.

Cette vaste zone englobera le nord-ouest de l'Europe, la Scandinavie ou encore l'Ouest Russie. Les météorologues ont coutume d'appeler cette situation particulièrement durable un Paris-Moscou. 

Attention au ressenti glacial

La Belgique va basculer dans des courants froids de Nord-Est. Les températures vont baisser progressivement ces prochains jours. Les gelées nocturnes vont se généraliser. Concernant les minima, ils devraient avoisiner les -12°C en Ardenne entre la fin du prochain weekend et le début de la semaine. Le vent devrait être assez sensible ce qui aura plusieurs conséquences.

Cela va augmenter nettement la sensation de froid. On pourrait se retrouver avec des températures ressenties parfois proches des -15 à -20 au plus froid de la nuit. Il s'agira de bien se couvrir pour limiter au maximum les effets de ce refroidissement éolien. Attention aux personnes plus sensibles comme les enfants ou encore les personnes âgées.  Par contre ce vent assez présent devrait assurer un brassage de l'air dans les basses couches de l'atmosphère, suffisant pour empêcher une grosse dégringolade des températures sous abri, on ne devrait pas atteindre des valeurs telles que -20°C sous abri sur nos régions. Le vent sera donc un élément important à surveiller dans les prévisions météorologiques des prochains jours.

À cause du vortex polaire ? 

En janvier 2014, une vague de froid historique avait touché le Canada et le Nord-Est des États-Unis. On avait alors évoqué le "Polar Vortex" qui est une dépression d'altitude qui tourbillonne au niveau des pôles. Il arrive que cette dépression marque des oscillations plus ou moins importantes vers le sud.

Ces descentes du vortex polaire parviennent à se mettre en place plus facilement dans ces régions d'Amérique du Nord que chez nous. En effet, un lien continental direct existe entre le nord des États-Unis et le Pôle Nord via le Canada. Chez nous les étendues maritimes constituent une barrière qui complique ces décalages du vortex vers le sud.

Un drain d'air froid et pas une descente de vortex

Ce qui nous attend ici n'est pas à attribuer à une descente nette et évidente de cette dépression polaire d'altitude. En revanche la zone de haute pression qui va nous concerner va constituer une liaison directe avec les régions arctiques. Une sorte de drain permettant à l'air circulant sur ces régions de nous atteindre. 

Un lien quand même 

Il existe tout de même un lien entre le vortex polaire et cette invasion d'air froid. Mais plus complexe qu'il n'y paraît. "Par rapport au vortex polaire, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on a eu un réchauffement brutal dans la stratosphère vers le 11 février, qui va conduire (réponse de l'atmosphère après une dizaine de jours) à un affaiblissement, une désorganisation du 'vortex polaire'", explique François Jobard prévisionniste à MétéoFrance. 

"De cette désorganisation naît une situation propice au blocage très haut en latitude (comprenez que l'anticyclone scandinave s’édentera très haut dans l'Arctique, puisque précisément le vortex polaire y est affaibli), de la position même de l'anticyclone naît une circulation d'est en ouest qui ramène une masse d'air très froide en provenance directe de Russie. Ainsi, et paradoxalement, ce n'est pas tant le vortex polaire qui déboule en Belgique, qu'une désorganisation de ce même vortex, qui conduira à cet épisode de froid notable.

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