Un champignon menace les frênes wallons de disparition

Le frêne menacé de disparition en Wallonie
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Le frêne menacé de disparition en Wallonie - © Tous droits réservés

La chalarose, un champignon en provenance de Pologne attaque les frênes belges depuis trois ans. Aucun traitement, ni aucun moyen de stopper sa propagation n'existe aujourd'hui. Pour certains experts, l'essence d'arbre pourrait disparaitre. Face à cette maladie, la Chine a bloqué les exportations de frêne d'Europe. Ce qui a fait chuter les prix sur le marché.

En région namuroise, les bûcherons sont déjà à la tâche. Ils abattent des frênes par dizaines, en plein mois de septembre. Normalement, on attend que les feuilles tombent des arbres pour tronçonner. Mais dans ce cas-ci, il faut faire vite. Car les frênes sont malades. Ils sont victimes de la chalarose, une maladie en provenance de l'est de l'Europe. Et si on ne les abat avant qu'ils ne soient morts, ils seront invendables.

La chalarose est en fait un champignon qui se propage dans l'air. Pour l'instant, il n'existe aucun remède, ni aucune façon de traiter les arbres. Le risque de disparition du frêne est réel. Même s'il ne représente que 10% des arbres wallons, cela serait une grande perte pour la biodiversité. Car de nombreuses espèces végétales dépendent du frêne. On pourrait revivre la même catastrophe que pour l'orme, il y a plus de 30 ans. Un champignon s'était attaqué à l'espèce décimant presque tout sur son passage. il ne reste plus aujourd'hui qu'une centaine d'arbre de cette essence en Belgique.

Frontières fermées

La maladie du frêne a des graves conséquences économiques pour le secteur forestier. La Chine a fermé ses frontières aux importations de frêne européen. C'est le premier marché d'exportation pour les arbres wallons. Le frêne est utilisé pour fabriquer des meubles. Le prix de ce bois noble est donc en chute libre. Il coûte 25% de moins que l'an dernier. Et comme tous les propriétaires de forêts abattent leurs arbres pour éviter qu'ils ne soient plus exploitables, le marché est inondé de frêne. Les entreprises wallonnes cherchent à présent d'autres marchés d'exportations. Mais la situation est tendue alors que la période annuelle de vente de bois sur pieds vient de commencer.

Benjamin Carlier

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