Le "forçage génétique", un nouvel outil controversé sous la loupe de l'ONU

Pour ses partisans, cette technique, qui consiste à modifier l'ADN d'êtres vivants, pourrait venir à bout des moustiques porteurs du paludisme
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Pour ses partisans, cette technique, qui consiste à modifier l'ADN d'êtres vivants, pourrait venir à bout des moustiques porteurs du paludisme - © YE AUNG THU

Moyen d'éradiquer des moustiques tueurs? ou promesse de désastre? Le "forçage génétique", technologie capable d'éradiquer des espèces entières, est au cœur d'un groupe de travail réuni cette semaine à Montréal dans le cadre de la Convention de l'ONU sur la biodiversité.

Pour ses partisans, cette technique, qui consiste à modifier l'ADN d'êtres vivants, permettrait d'éliminer les espèces invasives décimant la vie sauvage dans les îles. Elle pourrait aussi venir à bout des moustiques porteurs du paludisme. Mais d'autres mettent en garde contre un risque de chaos écologique, et soupçonnent les arguments sanitaires de masquer des objectifs industriels et militaires.

A Montréal, les représentants de pays et experts se penchent sur la capacité désormais croissante de la science à manipuler les génomes. Un rapport doit être produit à destination des 195 États de la Convention.

Pour la première fois, cette technique a été identifiée comme pouvant sauver la faune menacée par des espèces invasives, dans une étude publiée en 2014 par Kevin Esvelt, du MIT. Mais aujourd'hui Kevin Esvelt estime qu'il a eu tort de susciter de tels espoirs, et que recourir au forçage génétique pour préserver la nature est trop dangereux. "Vous ne devriez jamais concevoir et faire connaître un (tel) système, capable de se propager au-delà" de la région visée, dit-il à l'AFP.

Pour autant, il n'exclut pas un recours limité à cette technique pour d'autres objectifs, notamment contre certaines maladies.

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