Le fils de l'imam de Dison à la RTBF: "Oui, je regrette cette vidéo!"

Le fils de l'imam de Dison à la RTBF: "Oui, je regrette cette vidéo!"
Le fils de l'imam de Dison à la RTBF: "Oui, je regrette cette vidéo!" - © Tous droits réservés

La RTBF a pu établir un long contact avec S., 17 ans, le fils de l'imam de Dison. Celui-ci est à l'origine d'une vidéo qui fait polémique depuis plusieurs jours. Dans cette séquence, on le voit marcher dans les rues de Verviers et appeler "à tuer les Chrétiens".

Dans l'échange que nous avons pu avoir via Facebook avec le jeune homme (en vacances au Maroc actuellement), il explique qu'il n'évoquait pas les Chrétiens, "massihiyines" en arabe. "Je parlais des Nusayris et du régime de Bachar" el-Assad, le président syrien dont le pays est en partie occupé par le groupe terroriste État islamique. Les Nusayris (ou ansariyas ou ansaris) représentent une ethnie, les Alaouites, auxquels appartient le président syrien. 

"Je ne suis pas un djihadiste"

Reste que le fils de l'imam frappé d'un arrêté d'expulsion pour prêches radicaux appelle au meurtre d'êtres humains en "étant convaincu", comme il nous l'écrit. "Mais je ne suis pas lié à un mouvement djihadiste loin de là", affirme-t-il. Il dit comprendre l'indignation de l'opinion publique. "Oui je comprends tout à fait avec tous ces attentats." Paradoxalement, il ajoute: "Je me suis mal exprimé dans la vidéo. Oui je regrette (cette vidéo, ndlr) au point où j'en suis, c'est dur de refaire mon image!"

L'auteur de la vidéo, "mon ami, s'est fait arrêter par la police". Ce mineur, considéré comme radical, a été placé au centre de détention de Saint-Hubert. Mais nous ne saurons pas comment une vidéo en apparence privée a pu atterrir sur le site de Memri, le parfois controversé Institut de recherches des médias du Moyen-Orient. 

Pour S., "même si mon père n'avait pas eu de problème, la vidéo aurait pris de l'ampleur, avec tous les problèmes aujourd'hui."

"J'ai peur d'être renvoyé de l'école"

La suite? "Je compte me rendre à la police dès que je serai sur le sol belge". Un retour est prévu la semaine prochaine annonce-t-il, confirmant les propos tenus à la RTBF par son avocat, Maître Nabil Khoulalene. Sa rentrée scolaire est-elle compromise suite à la polémique? "Non, je n'ai pas peur de la rentrée scolaire. Mes amis et toute l'école me connaissent, ils savent que je ne suis pas comme ça. Mais j'ai juste peur qu'on me renvoie de l'école à cause du problème." Sur la Facebook de S. (où se mêlent foot, délires d'ados et défense d'une femme battue),  ses camarades lui ont d'ailleurs rapidement témoigné leur soutien.

Sur cette même page Facebook, S. a écrit: "Dois-je vous rappeler ce que notre prophète Mohamed a dit: celui qui fait du mal a un chrétien ou un juif me verra comme un adversaire le jour du jugement!"

Maladresse d'ado? Manipulation? Engagement dissimulé pour la cause djihadiste? Tentative désespérée de rattraper le coup? La polémique est loin d'être clôturée. L'affaire de la vidéo a été mise à l'instruction par le parquet de Verviers. Quant à l'imam de Dison, qui a la nationalité néerlandaise et marocaine, celui-ci a fait appel de son expulsion. En attendant la fin de la procédure, lui et sa famille peuvent continuer à résider en Belgique. C'est la loi.

 

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