Le droit à l'oubli pour les patient·e·s atteint·e·s du cancer bientôt effectif

C’est une bonne nouvelle pour les personnes qui sont guéries d’un cancer. Elles vont pouvoir bénéficier du « droit à l’oubli ». Jusqu’ici, après le combat contre la maladie, se rajoutait aussi le combat contre les compagnies d’assurances : beaucoup refusaient d’accorder une assurance solde restant dû. Cela signifiait concrètement que certains ancien·ne·s malades ne pouvaient pas avoir accès à la propriété. Hier, la Chambre a voté le texte qui met fin à ce que certains appelaient une discrimination.

Comment ça marche ?

Concrètement, la mesure s’appliquera à toute une série de maladies graves et chroniques. « Dans cette grille, on cite de manière très précise des pathologies, donc beaucoup de cancers, avec des stades d’évolution clairement décrits et des années qui permettent de dire, par exemple, qu’au-delà de trois ans pour tel type de cancer et à ce stade-là, cela ne doit pas entraîner de surprimes et cela ne doit pas fermer l’accès à une prime », précise Anne Boucquiau, porte-parole de la Fondation contre le Cancer.

Pour ces maladies définies, il ne faudra plus fournir de rapport médical à l’assureur, interdiction pour lui de baser la prime sur le passé médical de quelqu’un. Pour certains médecins, c’est un calcul plus juste. Car impossible de généraliser les risques de rechute médicale. Pour le Docteur Jean-Luc Canon, chef du pôle oncologie à l’hôpital Notre-Dame de Charleroi, « C’est toujours très subjectif. Il faut savoir qu’un cancer a toujours un risque de rechute, mais c’est un pourcentage. Lorsque le pourcentage est faible, quelle est la valeur de ce faible pourcentage que va prend le médecin de l’assurance ? Nous n’en avons aucune idée. »

Des nouvelles perspectives pour les patient·e·s

Pierre Jassin souffre d’une pathologie depuis plusieurs années. S’il veut contracter une nouvelle assurance dans le futur, il ne devra plus révéler les détails de sa maladie à son assureur. Un vrai soulagement : « Arrivant en fin de crédit hypothécaire, on pense peut-être à d’autres investissements. Là, maintenant, c’est vraiment une possibilité de retirer cette problématique de mettre l’assurance sur le nom d’une autre personne plutôt que le mien. Je trouve que c’est vraiment juste et équitable », explique Pierre.

La fin d’une discrimination pour certain·e·s, qui aidera aussi les patient·e·s à se reconstruire une fois le combat de la maladie gagné. « Cette phase de reconstruction, ça passe par la possibilité de se projeter dans l’avenir. Dans un bon nombre de cas, il y avait un obstacle, une réelle discrimination qui n’était pas normale après tout ce combat que les patient·e·s ont déjà passé pour guérir », conclut le Docteur Jean-Luc Canon.

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