Le documentaire "Au Tour des Belges" revient sur l'attachement des Belges au Tour de France

Les festivités pour le Tour de France débutent ce jeudi à Bruxelles avec la présentation officielle des équipes. Depuis 106 éditions, les Belges suivent de près le Tour de France. Le documentaire "Au Tour des Belges" revient sur l'attachement de la Belgique à cette compétition légendaire. On en parle ce matin avec le réalisateur Franck Villano dans Jour Première.

Tout le monde ou presque a donc une anecdote, un souvenir ou une histoire liée au Tour ?

Franck Villano: "Le Tour de France a trois caractéristiques. La première, c'est qu'il se passe en plein été, au mois de juillet, où l'actualité est malgré tout réduite. La deuxième, c'est qu'il se passe l'après-midi, à un moment où il ne se passe en général pas grand-chose dans la journée. Et la troisième, c'est que c'est un spectacle magnifique. Donc, effectivement, il y a depuis toujours un engouement exceptionnel de la population pour ce qui est quand même le troisième événement le plus médiatisé au monde après les Jeux olympiques et la Coupe du Monde de football".

Filmer, réaliser et diffuser le Tour de France, est-ce un rêve pour un réalisateur?

"On peut vraiment dire que c'est un rêve parce que se retrouver dans le camion du direct télé et réaliser tous les jours six heures de direct avec les moyens technologiques actuels (double hélicoptère, un nombre incalculable de caméras au sol, quatre à cinq motos HF qui transmettent des images) c'est vraiment formidable. En plus, je suis personnellement cycliste et j'adore rouler, donc je bave devant les prouesses du réalisateur de France Télévisions".

Comment la diffusion du Tour de France a évolué? 

"Ces 40 dernières années, le Tour a vécu une révolution technologique énorme et médiatique. On part au début des comptes rendus extrêmement romancé dans les journaux. On commence ensuite à voir des résumés tournés en caméra pellicule par des acrobates sur des motos assez virtuoses puis arrivent les moyens de transmission haute fréquence pour la télévision en direct. À ce moment-là, on est à la fin des années 50, début des années 60, et on commence à avoir des bouts d'étapes, essentiellement les arrivées, les derniers instants. Ça va s'étendre de plus en plus jusqu'à arriver aujourd'hui à des moyens qui font qu'on transmet 100% de la course en direct. Toutes les télés ne diffusent pas 100% des étapes, mais plusieurs télés, depuis quelques années, s'engagent dans ce processus".

Pourquoi le Tour de France suscite-t-il autant de passion, plus que n'importe quelle autre course cycliste aujourd'hui ?

"Je crois que sa médiatisation, son ancienneté et le fait que pour les Belges, le plus grand cycliste de tous les temps est originaire de notre pays génèrent pas mal de choses. Il y a un premier degré très simple à suivre: la course. Il y a un deuxième degré: le côté tactique et l'esprit d'équipe qui jouent sur la course. Et pour la personne qui ne s'intéresse pas au sport cycliste, on dit toujours que le Tour de France est le seul événement cycliste auquel les gens qui ne s'intéressent pas au cyclisme s'intéressent : les paysages, la France, ça attire."

Ce côté très spectaculaire ne pervertit-il pas la compétition en elle-même ?

"Christian Prudhomme et les gens d'ASO se défendent de cela haut et fort en disant " la course avant tout ". Moi je pense qu'il y a inévitablement une dramaturgie du Tour de France qui s'écrit aussi avec un crayon politique et que le Tour est inévitablement un outil politique évident pour la France, un outil de représentation formidable et extrêmement impressionnant."

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