Le djihadisme est-il plus dangereux que le nazisme? La question d'un philosophe divise la Flandre

Marteen Boudry, le jeune philosophe à l'origine de la polémique.
Marteen Boudry, le jeune philosophe à l'origine de la polémique. - © Capture d'écran Twitter @mboudry

Le djihadisme est-il plus dangereux que le nazisme ? Cette question a fait polémique cette semaine au nord du pays à cause de la réponse que donne le philosophe flamand Maarten Boudry.

Déjà auteur d'un essai sur la philo de la violence, le jeune homme qui enseigne à l'Université de Gand s’est mis à comparer les violences entre communisme, nazisme et djihadisme. Selon lui, le djihadisme remporterait la palme de la violence.

Les arguments que Maarten Boudry relaie, sur Twitter notamment, font tomber plusieurs de ses confrères de leur chaire. Pour le jeune homme, l’idéologie djihadiste met en scène la violence de façon théâtrale, avec des mises à mort filmées. A l'inverse, écrit Boudry, "l’extermination du peuple juif a été faite en toute discrétion et de façon rationnelle".

Beaucoup de Flamands se sont étonnés de cette analyse, parmi lesquels des historiens, des philosophes et des collègues de Maarten Boudry à l'Université de Gand qui n’ont pas laissé passer ces propos.

"Liberté académique de Maarten Boudry"

Des intellectuels lui ont reproché d’être négationniste et d’instrumentaliser l’Holocauste. L'Université de Gand, elle, est restée en dehors de la discussion. "Il appartient à la liberté académique de Maarten Boudry de poser des hypothèses scientifiques et les autres sont libres de les critiquer", a déclaré un porte-parole de son Alma Mater.

Mais cette affaire n’en est pas restée là. Maarten Boudry a donné une interview au quotidien De Morgen ce lundi pour essayer d’expliquer son point de vue. A cette occasion, il a mis encore plus d’huile sur le feu. L’intervieweur lui souligne que "les nazis n’avaient pas les moyens techniques d’aujourd’hui pour mettre leurs crimes en scène". Pas de réseaux sociaux, pas de plate-forme comme YouTube à l'époque...

Ce à quoi le philosophe répond que "c’est un bon exercice intellectuel. Les nazis auraient-ils placé leurs films sur YouTube si cela avait existé? Je suis presque sûr que non".

Les collègues de Maarten Boudry lui reprochent de faire de la politique sous couvert d’une caution scientifique. Surtout que l'intéressé dénonce vite ce qu’il appelle le politiquement correct chez tous ceux qui le critiquent. Il est proche de la droite flamande et ses discussions en 140 caractères sur Twitter ne sont pas sans rappeler l'utilisation que Donald Trump fait du réseau social.

Quelle utilité peut-il y avoir à faire une gradation entre souffrance et violence ? C’est une question qui se pose en Flandre, mais on peut bien dire que c’est une question tout à fait universelle.

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