Le directeur de la Cité des Métiers de Charleroi dénonce les stéréotypes autour de l'enseignement professionnel

Olivier Marchal, directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, était l’invité de François Heureux sur La Première ce mardi. Il raconte avoir reçu l’appel d’une maman, inquiète pour l’avenir de son fils. Derrière cette histoire, un propos "qui démasque une hiérarchie des intelligences", dénonce-t-il.

"Son fils va mal, il ne travaille plus à l’école depuis un an", raconte Olivier Marchal. Le jeune homme est en troisième année de l’enseignement secondaire général. "C’est très clair, son fils n’a qu’une seule idée en tête : il veut faire de l’électronique. Il programme, il bidouille avec génie dans sa chambre jusqu’au bout de chaque nuit", explique-t-il. Après quelques instants, cette mère de famille confie à demi-mot craindre "de tout gâcher s’il venait à descendre dans l’enseignement professionnel".

"Descendre… je la sentais venir, fulmine Olivier Marchal. Prisonnière des stéréotypes que l’école, son éducation et la société tout entière lui fournissent comme prêt-à-penser."

Malgré leur violence, de tels propos sont monnaie courante selon le directeur. "C’est un propos qui démasque une hiérarchie des intelligences à tout le moins discutable, regrette-t-il. L’école est ancrée dans ce clivage, avec en haut le général et l’intelligence abstraite, et plus bas, en bas, pour les moins compatibles, un processus violent de relégation vers les filières extrêmement dévalorisées parce que manuelles. Descendre, vous vous rendez compte ? L’adolescence n’est-elle pas déjà assez cruelle pour qu’on y ajoute le sel de la comparaison et de la hiérarchie des talents ?"

"Madame, le plus grand gâchis, c’est votre enfant qui s’éteint sous vos yeux", lance Olivier Marchal avant de raccrocher, malheureux. Ce qu’il dénonce, c’est "un système qui monte les intelligences les unes contre les autres, qui les cloisonne au lieu de les connecter". Or, les plus grandes innovations sont issues de multiples savoirs différents. "Steve serait-il devenu Jobs sans les mains et le Mac de Wozniak ?", s’interroge-t-il.

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