Le diplôme d'ingénieur, toujours la voie royale pour trouver un emploi?

Qui enfilera le casque?
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Qui enfilera le casque? - © C Legrand

Il manque chaque année 500 ingénieurs en Wallonie. Les étudiants sont souvent courtisés, dès leur dernière année d'université. Les négociations vont bon train. Les futurs ingénieurs font jouer la concurrence.

Mercredi 13 février. La foule des grands jours, à l'amphithéâtre Richard Stiévenart. La Faculté Polytechnique de l'UMons a invité une septantaine d'entreprises, toutes intéressées par les profils d'ingénieurs. Axa, EDF, Engie, Alstom, AG Insurance, I-Care et bien d'autres sont présents. Objectif: trouver la perle rare. "Hé bien...on est beaucoup de perles rares, alors", sourit Camille.  Etudiante en dernière année, option Informatique gestion et mathématique, la jeune fille n'est pas angoissée par la recherche d'emploi. "Mon meilleur ami, par contre, a choisi des études de théâtre", il est nettement moins optimiste confie-t-elle. Les années précédentes, une bonne quarantaine de recruteurs potentiels participaient à la Journée des Entreprises. Cette année, s'ils sont aussi nombreux, cela s'explique sans doute par la pénurie sur le marché du travail. Selon une enquête récente de la Fabi (la Fédération d’Associations Belges d’Ingénieurs civils et de Bio-ingénieurs), il manque 500 diplômés en Belgique francophone. 

Alexis fait partie des chanceux. Son contrat est déjà signé, alors qu'il termine seulement son master. "J'ai fait mon choix! J'ai la chance d'avoir trouvé une entreprise géniale, conforme à mes valeurs professionnelles et humaines", confirme le jeune étudiant en informatique gestion et mathématiques. "C'est la grande richesse de ces études d'ingénieur, avoir le choix !" Se sachant courtisé, a-t-on tendance à faire monter les enchères? "Oh, pas forcément. Les conditions que l'on m'a proposées étaient assez comparables, de toutes façons". Nous croisons d'autres étudiants en Master 2. Pas encore engagés, mais tout aussi détendus qu'Alexis. "Signer aujourd'hui? Non, je ne crois pas. On va d'abord comparer les offres". Ils n'hésiteront pas à faire jouer la concurrence, et négocier avec des employeurs potentiels certains "packages" et avantages. "Mais ce que j'aimerais surtout, c'est trouver un emploi qui me permette de voyager", précise l'un d'eux. "Moi j'aimerais trouver une entreprise qui me permette d'avoir du temps, en dehors du travail", ajoute Camille.

Du côté des employeurs, on déploie le tapis rouge pour attirer de nouveaux talents. "Nous avons des postes vacants, dès aujourd'hui", confirme Françoise Paquet, responsable du recrutement chez Aperam, "pour nos différents sites, à Chatelet, à Genk, mais aussi au Brésil!" Etre présent sur un salon comme celui-ci, "c'est magique!" nous dit-elle, "d'autant que nous avons déjà des anciens de la Faculté Polytechnique parmi nos ingénieurs".

Thomas Desriac recrute pour la société Aeronautica. Derrière lui sont affichées 8 offres d'emploi, "la plupart disponibles immédiatement. Mais nous en avons d'autres! Ici nous avons tenté de cibler les profils junior". L'an dernier cette société avait recruté deux ingénieurs. Elle espère faire mieux. Mais que pense-t-on, chez Aeronautica, de la "cool attitude" des étudiants ingénieurs? "Bien sûr, il manque des ingénieurs en Belgique francophone. Mais trouver un emploi n'est pas si facile que ça! Les entreprises préfèrent souvent ne pas engager plutôt que d'engager la mauvaise personne". Bon nombre de sociétés n'hésiteraient pas à "charger la barque" des ingénieurs déjà présents dans l'entreprise, plutôt que de recruter un petit nouveau à former. "on coache les jeunes lors de leurs premiers mois, pour combler des lacunes en organisation, en anglais, en Excel...on peut intervenir et les former sur ces points sources de difficultés. C'est pas si facile de trouver, ou de trouver la bonne fonction!"

Pour Alexis Neveu, responsable du recrutement chez Abilsem Belgium, la date de ces journées entreprise n'est peut-être pas idéale pour finaliser des recrutements. "Les jeunes sont encore en cours de formation, ils ne seront disponibles qu'à partir de juillet, août...Ils restent très focalisés sur leur travail de fin d'études, leur projet de thèse...Il faut qu'ils apprennent à faire la part des choses!" 

Archives: Journal télévisé 31/01/2019

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