Le détecteur de mensonges est-il fiable ?

Le détecteur de mensonges est-il fiable ?
Le détecteur de mensonges est-il fiable ? - © RTBF

Le polygraphe, autrement dit, le fameux détecteur de mensonges fait souvent débat. Certains pointent un manque de fiabilité de cette méthode interrogatoire; raison pour laquelle il ne représente pas une preuve indiscutable.

Venue du Canada, l’utilisation du polygraphe est reconnue par la justice belge depuis 2001. En 2007, les polygraphistes de la police technique et scientifique ont ainsi traité 356 dossiers.

Valeur légale

Sur la question de la fiabilité de cette méthode interrogatoire, Bertrand Renard, chercheur à l’INCC, l’Institut national de Criminalistique et de Criminologie, explique que l’outil est utile lors des interrogatoires, mais se montre plus hésitant à propos de sa valeur scientifique. "On ne peut pas imaginer que quelqu’un soit poursuivi et surtout condamné uniquement sur base des résultats d’un test polygraphique", précise-t-il. Pour lui, ce test, destiné à orienter le dossier, représente davantage une indication pour les enquêteurs et le magistrat.

Principe

Le polygraphe  repose sur une série de mesures effectuées  grâce à des capteurs placés sur le corps. Ces mesures portent sur plusieurs éléments physiologiques : la respiration, le rythme cardiaque, la tension, la sudation; autant d’éléments qui peuvent témoigner d’une certaine émotion. "Le travail du polygraphiste est d’arriver à mettre en évidence que les éléments mesurés sont ou non liés au mensonge", explique encore Bertrand Renard.  

Au Canada, seuls des policiers chevronnés sont longuement formés pour devenir polygraphistes, car il ne s’agit pas là d’une véritable science, mais plutôt d’une  technique, voire d’un art dont il faut relativiser les résultats.

Par ailleurs, des magistrats craignent que certains jurés, qui auraient trop regardé de séries télévisées, accordent une foi aveugle aux résultats de cette technique.

I.L. avec Michel Hellas

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