Le demi-échec de Starliner, la capsule de Boeing: "C'est aussi une demi-réussite"

La capsule Starliner de Boeing a atterri hier, sans encombre, dans un coin de désert appartenant à l’armée américaine. Mais elle ne s’est pas arrimée comme prévu à l’ISS, la station spatiale internationale. Un revers de plus pour le géant de l’industrie aérospatiale, après l’affaire des avions 737 Max cloués depuis plusieurs mois au sol après deux accidents mais aussi pour la NASA qui voudrait bien en finir avec cette dépendance à la Russie, seul pays capable depuis 2011, et la mise à la retraite des navettes spatiales, d’y envoyer des astronautes. Mais cet échec partiel remet-il tout en question pour le futur ?

Michel Kruglanski, responsable du centre belge des opérations avec la station spatiale internationale, ne le pense pas. "Les conséquences devraient être minimes, car si l’engin n’a pas pu s’amarrer à l’ISS, il a pu être ramené en toute sécurité au sol. Les ingénieurs ont pu tester lors de ces 48 heures de voyage dans l’espace de nombreuses caractéristiques et démontrer certaines données. S’il y avait eu des astronautes à bord, ils auraient peut-être pu rectifier l’anomalie qui s’est produite dans le pilotage automatique."

Starliner: surtout une réussite

Peu après la séparation de la fusée, Starliner n’a pas allumé ses propulseurs à temps, un retard à l’allumage qui l’a dévié de sa trajectoire vers l’ISS. L’anomalie s’est apparemment produite alors que la capsule était dans une zone "LOS" (Lost of Signal), où il n’y avait pas de couverture par les satellites géostationnaires, c’est-à-dire où les ingénieurs ne reçoivent pas le signal et donc les informations sur le vol. La encore, si le vol avait été habité, l’équipage aurait pu débrancher en quelque sorte le pilote automatique.

"C’est un demi-échec mais aussi une demi-réussite"poursuit Michel Kruglanski : "Le véhicule spatial est revenu sur terre dans des conditions parfaites, il n’est pas perdu, mieux, il n’y a pas de dégâts, les objets et expériences scientifiques qu’il transportait, seront juste distribués avec un peu de retard. Le rendez-vous avec l’ISS n’a pas eu lieu pour une question de trajectoire mais tout le reste a plutôt bien fonctionné."

Boeing et Space X à la course à l'ISS

Reste que Starliner n’est pas le seul à la course vers l’ISS, le Crew dragon de Space X du milliardaire Elon Musk a déjà réussi un vol inhabité en mars de cette année mais le vol habité est sans cesse retardé. Il devrait aux dernières nouvelles avoir lieu en février ou en mars 2020. Car le programme de la NASA, prévoit bien que les deux entreprises développent chacune de leur côté un véhicule de transport spatial. "C’est une question de sécurité et d’indépendance": nous rappelle le responsable du Bu.soc "La NASA veut à tout prix éviter de refaire les mêmes erreurs. Du temps des navettes spatiales, un problème touchait l’une d’entre elles et tout le programme était bloqué. Désormais, si un problème devait survenir à l’un des deux futurs engins, celui de l’autre firme pourra continuer de fonctionner."

La course à l’ISS se poursuit, elle est très loin d’être terminée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK