Le délicat travail des démineurs: 200 tonnes de munitions trouvées tous les ans en Belgique

Gyrophares éteints, la camionnette blanche ressemble à beaucoup d’autres. Elle effectue sa tournée quotidienne à travers la Flandre occidentale, lentement. La conduite n’est pas paresseuse, elle est prudente. Trois démineurs voyagent à bord. Ils transportent une dizaine d’obus de la Première Guerre mondiale, déposés dans un bac avec du sable afin de garantir leur stabilité.

200 tonnes de munitions retrouvées chaque année

Ce 12 septembre est la journée d’hommage aux démineurs. Le service de déminage de l’armée intervient plusieurs fois par jour en Belgique : parfois pour des colis suspects, souvent pour détruire d’anciennes munitions comme celles-là.

La guerre a laissé d'innombrables engins explosifs enfouis dans le sol. Avec le temps et le travail des champs, les obus remontent à la surface. Plus de 200 tonnes d’anciennes munitions sont retrouvées chaque année, souvent par des agriculteurs. Pour éviter tout accident, ces engins doivent être démantelés par les démineurs du SEDEE, le service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs.

Gaz moutarde

A la base militaire de Poelkapelle, quelques kilomètres au nord d’Ypres, les obus ramenés par la camionnette du SEDEE sont nettoyés puis identifiés. Le port des gants est obligatoire lors de chaque manipulation. Certains obus dégradés peuvent présenter des fuites. A l’œil nu, même les démineurs les plus expérimentés n’arrivent pas toujours à déterminer si les engins contiennent ou non des produits toxiques.

Les munitions toxiques, chargées par exemple de gaz moutarde, sont repérées lors d’un passage aux rayons X. Un grand caisson engloutit les obus un par un et révèle l’intérieur des carcasses oxydées. Les engins contenant des produits chimiques finiront traités dans une chambre de détonation, sorte d’incinérateur ultra-sécurisé et entièrement automatisé.

Quant aux obus chargés uniquement d’explosifs, sans aucun produit chimique, ils sont entreposés dans des caisses en bois et enterrés au milieu du domaine militaire pour subir une explosion contrôlée.

Aussi impressionnante que délicate, la manœuvre est menée sous le regard de Daan Verfaillie, attentif au moindre détail, car "nous ne pouvons rien exclure complètement. Nous avons chaque année des petits incidents. Cela fait partie du boulot. Et quelqu'un doit le faire".

Après les explosions, les cratères seront rebouchés. Pour pouvoir répéter l’opération durant de nombreuses années encore.

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