Le décret inscription est-il abrogé ou modifié?

Le décret inscriptions sera-t-il vraiment supprimé? C'est la question qui fait débat ce mardi sur Soir Première, suite à la présentation de l'accord de gouvernement et de son volet enseignement hier par les nouveaux partenaires wallons (PS, Ecolo et MR). Deux invités pour répondre aux questions d'Arnaud Ruyssen: Frédérique Mawet, secrétaire générale de l’ASBL Changement pour l’égalité et Laurent Henquet, ex-député wallon MR et directeur d’école.

"Le décret inscription sera abrogé", Elio di Rupo l'a annoncé hier en présentant l'accord de majorité pour les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie Bruxelles. Le décret doit être remplacé par de "nouvelles dispositions décrétales", qui n'ont pas encore été précisées.

En attendant les conclusions des experts... 

Ce qui semble acquis, c'est que l'attribution des places ne se fera plus sur base de critères géographiques, mais on ne connaît pas encore les futures critères de départage, les nouveaux partenaires ont juste indiqué vouloir donner plus de poids au "libre-choix des parents". Ce qui se dégage aussi de l'accord de majorité, c'est le maintien de plusieurs points du précédent décret: un formulaire unique d'inscription, une même période d'inscription pour tous, la priorité accordé aux élèves d'une même fratrie et aux enfants dont un parent travaille dans l'école visée, et l'objectif d'intégrer dans les écoles au moins 20% d'élèves défavorisés.

Aucune date de mise en oeuvre du nouveau mécanisme n'a à ce stade été avancée. Et pour cause, la nouvelle majorité attend les conclusions d'une équipe d'experts spécialement mandatée. "C'est une Déclaration de Politique Communautaire (DPC), donc on ne sait pas détailler l'ensemble des mesures, explique Laurent Henquet, on va confier une mission à des experts avec quatre balises: la transparence du processus, la facilité administrative, la clarté pour les parents et la considération des spécificités locales des différents bassins scolaires".

...Le débat sur la mixité doit subsister

Le but premier du décret inscription étant de favoriser la mixité sociale dans les écoles, Frédérique Mawet s’interroge sur la méthode: "Ca n'est certainement pas en l'abrogeant qu'on va rencontrer cet objectif (...) La réalité de nos écoles, c'est la dualisation: des écoles de pauvres, des écoles de riches, et peu d'écoles idéalement "mixifées" et pour nous, ce débat de société doit subsister".  

La secrétaire générale de l’ASBL Changement pour l’égalité regrette aussi l'abandon du critère géographique, notamment pour des raisons écologiques. Et craint, concernant la présence de 20% d'élèves défavorisés dans les écoles, que la mesure ne s'applique in fine que dans les écoles où la demande dépasse l'offre de places. "Attendons l'avis des experts, répond Laurent Henquet, l'objectif est aujourd'hui de ne pas reproduire l'ancien système, qui ne fonctionnait pas". 

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