Le déclin des oiseaux et insectes s'observe un peu partout en Europe

Bergeronnette grise, un insecte dans le bec
Bergeronnette grise, un insecte dans le bec - © Charles J. Sharp

Les études se suivent et, malheureusement, se ressemblent… Les populations d’insectes et d’oiseaux en Europe déclinent gravement. 80% des insectes européens auraient disparus en 30 ans, selon une étude parue en octobre 2017même constat du côté de l’Allemagne —, un déclin des oiseaux de 30% en 15 ans en France, 50% des oiseaux communs de Wallonie sont en déclin, selon un récent rapport de Natagora…

C’est au tour des Pays-Bas de confirmer la tendance : selon un rapport de Natuurmonumenten, une diminution dramatique de certaines espèces d’insectes a été observées dans des réserves naturelles, sur une période d’une vingtaine d’années.

Voulant vérifier si les tendances observées en Allemagne se retrouvaient chez eux, Natuurmonumeten a demandé à des scientifiques de l'Université Radboud et de l'EIS (Insect Knowledge Centre) d'étudier les tendances des insectes aux Pays-Bas, via des bases de données regroupant l’observations d’espèces d’insectes sur un laps de temps assez long. Deux ont été trouvées : l’observation d’insectes volants durant la nuit à De Kaaistoep, une réserve naturelle au sud du pays, près de la frontière avec le Limbourg, et des captures de coléoptères plus au nord, dans la province de Drenthe.

En élaborant un modèle qui permet de tenir compte des paramètres influençant naturellement l’abondance des insectes (saison, météo, temps d’observation, etc.), il en est ressorti qu’aucun des groupes d’insecte étudiés ne montraient une augmentation de population. Pire, le nombre de doryphores dénombrés à Wijster (réserves naturelles de Drenthe) a diminué de 72% au cours des 22 dernières années. Le nombre de papillons nocturnes à De Kaaistoep a diminué de 54% en 20 ans. Ces deux groupes d'insectes contiennent au total environ 1100 espèces, soit environ 6% de toutes les espèces d'insectes présentes aux Pays-Bas.

Vers une agriculture moins intensive

Si l’analyse de ces résultats ne permet pas de comprendre la cause de ces déclins, plusieurs hypothèses peuvent être avancées des nombreuses études déjà réalisées sur le sujet : une agriculture intensive, trop gourmande en pesticide ou encore un morcellement des habitats naturels, qui deviennent de plus en plus petits et éloignés sous la pression humaine.

Face à ces constats alarmants qui s’enchaînent, force est de constater que l’Union européenne ne prend pas pleinement ses responsabilités en termes de protection de l’environnement. Les réseaux de protection d’habitat et projets de restauration existent, mais sont trop peu nombreux face à l’ampleur du phénomène d’érosion de la biodiversité. La solution a long-terme, que réclament de nombreuses associations environnementales à corps et à cris depuis des années, est l’encouragement au développement d’une agriculture moins intensive, en circuit-court, moins polluante, plus proche des pratiques ancestrales, bien moins destructrices de l’environnement.

C'est une réalité : les oiseaux sont en déclin ! Le constat de Natagora.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK