Le Covid-19 se promène dans les eaux usées, Sciensano a commencé à les analyser

Lors de la conférence de presse du Centre interfédéral de crise et l’institut de Santé publique Sciensano sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique, le porte-parole Yves Van Laethem a dévoilé les résultats de nouveaux tests réalisés dans les eaux usées. Comme expliqué, le nouveau coronavirus est bel et bien présent dans l’eau de nos toilettes, cette eau a donc été prélevée et étudiée. Selon les résultats dévoilés par Sciensano dans un communiqué, les premières analyses montrent des tendances comparables aux résultats des tests de dépistage réalisés depuis la mi-septembre.

Des résultats préliminaires mais intéressants

Il est important de préciser qu’il s’agit pour l’instant de résultats préliminaires et Sciensano et ses partenaires travaillent sur la standardisation de ces résultats, via la prise en compte de paramètres d’influence comme le débit d’eau entrant dans la station d’épuration, la quantité de pluie et l’estimation de la masse fécale présente dans l’eau. Les courbes épidémiologiques "eaux usées " doivent donc être interprétées en prenant les précautions nécessaires.


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Cependant, Sciensano estime que cette surveillance nationale offre une vision globale et objective de la circulation du virus sur l’ensemble du territoire national, sans être influencée par l’évolution de la stratégie de testing ou la sélection des personnes testées (âge et présence ou non de symptômes). Il s’agit selon Sciensano, d’un indicateur qui permet de détecter de manière précoce toute évolution notable de la circulation du virus.

Il ressort des premiers résultats que :

  • La courbe du virus dans les eaux usées est globalement similaire à celle du nombre de personnes ayant été testées positives dans les 3 régions du pays.
  • La hausse détectée dans les eaux usées est toutefois plus importante à certains moments de la période considérée, ce qui appuie l’intérêt complémentaire de la technique par rapport aux seuls tests.
  • Le rapprochement entre les courbes représentant le nombre de personnes contaminées identifiées par test PCR et la contamination des eaux usées est différent d’une région à l’autre, un constat qu’il faudra tenter d’expliquer.

Sciensano explique que 42 prélèvements d’eaux usées (collectés à l’entrée de stations d’épuration) sont analysés deux fois par semaine. Les données obtenues sont partielles et doivent encore subir des corrections.

Les eaux usées, nouvel indicateur de l’épidémie

Pour Sciensano, l’analyse des eaux usées pour étudier l’évolution de l’épidémie présente une caractéristique majeure : les résultats obtenus sont indépendants des changements de stratégies de testing. Les variations en termes de stratégie ont des conséquences sur le nombre de nouveaux cas détectés et donc sur les statistiques. La surveillance des eaux usées ne subit pas l’effet de ces variations et propose une vision ajustée de la circulation du virus dans la population.


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Comme l’explique Sciensano, les données obtenues forment donc un indicateur indépendant de la stratégie de testing qui complétera les indicateurs déjà existants pour le pilotage de la crise afin d’aider les décideurs dans leurs choix. Les eaux usées présentent des atouts complémentaires aux autres surveillances, aussi de par leur capacité de détection en amont de toute variation importante de concentration du virus SARS-CoV-2 dans la population.
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