Le Covid-19 impacte les chantiers Infrabel et le personnel du rail

L'impact du Covid-19 sur les chantiers Infrabel. (archive)
L'impact du Covid-19 sur les chantiers Infrabel. (archive) - © © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Depuis les mesures de confinement, le nombre de passagers dans les trains reste très faible (taux récemment tombé à 5%). Mais tant la SNCB qu’Infrabel (gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge) doivent continuer à assurer l’offre de transport d’intérêt national, demandée par le gouvernement.

Sur le terrain, la situation se complique ! Le taux d’absentéisme des cheminots est considérable. De source syndicale, il est actuellement de 14 à 15% pour le rail dans son ensemble. "Il est de 17% pour le personnel SNCB", selon le porte-parole de la direction, Vincent Bayer. Un constat qui a varié au fil des jours, mais aussi selon les régions et les métiers (cfr infra). Chez les accompagnateurs de train, par exemple, le taux aurait atteint des pics approchant les 25%.

Autre impact du coronavirus : des sous-traitants et des fournisseurs d’Infrabel ont dû cesser leur activité, ce qui perturbe le déroulement actuel et à venir de certains chantiers du rail, avec un effet probable sur l’interminable chantier RER.

Prioriser les chantiers du rail

Plusieurs syndicalistes, en contact régulier avec les différentes directions du rail, l’affirment : il va falloir prioriser les chantiers, faire des choix et postposer certains travaux. "Il faut donner la priorité uniquement aux chantiers essentiels", explique Marianne Lerouge, responsable générale chemins de fer à la CSC Transcom. "Cela concerne les travaux nécessaires à la circulation des trains qui roulent encore. Pour le reste, tous les travaux non essentiels ou tous les nouveaux travaux d’infrastructure peuvent être reportés à des dates ultérieures. Cela est important, aussi bien pour protéger le personnel du rail que les voyageurs essentiels (personnel médical, par exemple). Il faut vraiment limiter au maximum toutes les activités ferroviaires". La syndicaliste réclame d’ailleurs une réduction de l’offre, ainsi qu’une adaptation de l’offre actuelle. Par exemple, pour répondre aux besoins de déplacement des infirmières, tôt le matin ou tard le soir. Quant aux travaux relatifs à la sécurité du trafic ferroviaire, comme les réparations d’aiguillages, ils sont évidemment maintenus.

Risques sanitaires

Certains travailleurs, comme les ouvriers qui doivent remplacer les voies, sont inquiets pour leur santé, malgré les précautions d’usage. Ils doivent respecter les directives du Conseil National de Sécurité, comme la distanciation physique. Pas toujours évident, voire impossible, pour les ouvriers affectés au remplacement de voies ! Ils doivent intervenir à plusieurs sur quelques m², d'où une promiscuité problématique en termes de possible contamination. Des mesures de précaution sont prévues, comme l’utilisation de gel désinfectant, de gants et de masques (quand ils sont disponibles). Ou comme le nombre limité d’ouvriers dans un même véhicule de service. La volonté de faire de son mieux est là chez les travailleurs. Reste que le stress et le nombre de congés de maladie interpellent les représentants des travailleurs.

Réservistes à domicile

Actuellement, selon la CGSP Cheminots, 10% des agents Infrabel sont absents. "Une réserve de personnel, rappelable, est donc prévue, pour pouvoir prendre le relais en cas d’incident", explique Pierre Lejeune, Président national de la CGSP-Cheminots. La direction d’Infrabel devrait bientôt faire le point sur la situation.

"Le personnel de réserve permet d’assurer le service de trains en cas d’absences du personnel ou de travail supplémentaire", précise Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB. Les réservistes pourront aussi être mobilisés pour remplacer, au besoin, le personnel roulant. Selon Pierre Lejeune, on a constaté des pics de 23% d’absence chez les accompagnateurs de trains. Un taux qui avoisine actuellement les 15% chez les conducteurs.

Beaucoup de guichets ouverts

Pour Pierre Lejeune, il serait opportun de fermer tous les guichets du réseau belge. "Une bonne partie des guichets sont encore ouverts. C’est un risque de contamination qu’on pourrait éviter. Rappelons qu’on peut acheter un billet en ligne." Selon la SNCB, les guichets de 65 gares ont déjà fermé. D’autres ferment désormais à 19 heures. Mais 70 guichets sont toujours accessibles dans les gares du pays.

Autre demande syndicale, augmenter la fréquence des contrôles policiers dans les gares et sur les quais. Récemment, des groupes d’individus ne respectant pas un minimum de distance ont encore été aperçus.

Des usagers solidaires

Malgré les griefs, les absences et les inquiétudes bien compréhensibles de certains conducteurs, accompagnateurs, techniciens et autres collaborateurs des différents transports en commun du pays, des usagers tiennent à exprimer leur reconnaissance à l’égard de ceux qui assurent leurs missions.

"Même en ces temps extrêmement inhabituels, certaines personnes doivent continuer à bouger, par exemple pour aller travailler, faire des courses ou aller chez le pharmacien. Un certain nombre d’entre eux sont tributaires des transports publics […]."
Stefan Stynen, président de l’association TreinTramBus, rend ainsi hommage "aux milliers d’employés de la SNCB, d’Infrabel, de De Lijn, de la STIB et d’autres entreprises de transport (comme les TEC) qui permettent aux trains, aux trams et aux bus de continuer à circuler dans ces circonstances difficiles."

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