Le Covid-19, accélérateur d'injustices et bourreau des droits de l'Enfant

Le covid-19, accélérateur d’injustices et bourreau des droits de l’Enfant
Le covid-19, accélérateur d’injustices et bourreau des droits de l’Enfant - © Justin Paget - Getty Images

"Tous les enfants ont été concernés par les effets négatifs de la crise sanitaire", estime Bernard De Vos, le Délégué aux Droits de l’Enfant, dans son dernier rapport. "Mais ce sont ceux en situation de pauvreté qui ont été les plus durement touchés". L’inégalité sociale s’est encore accentuée, amenant le Délégué à évoquer carrément le covid-19 comme un "bourreau des droits de l’Enfant".

Plus de familles en demande de colis alimentaires

Les familles déjà en sursis, ont dû opérer des choix encore plus drastiques que d’habitude, sans aucun recours possible à une quelconque épargne. En outre, des parents qui étaient en risque de précarité avant la crise sanitaire ont dégringolé dans une situation de pauvreté réelle. En témoignent les longues files pour obtenir des colis alimentaires. Les mesures de confinement ont ébranlé tout le système, déjà fragile, sur lequel reposait la vie des enfants et des parents en situation de pauvreté. Et les compensations, comme la suspension des exclusions de logement pour faute de paiement, l’octroi d’indemnités pour couvrir les frais d’énergie supplémentaires, s’avèrent encore insuffisantes. Leur accès, notamment par voie numérique, est peu facilité.

Le confinement accentue encore plus l’exclusion

"La crise sanitaire a privé les enfants d’écoles, d’espaces verts, de lieux récréatifs, de crèches, de soins de santé… " décrit le Délégué aux Droits de l’Enfant. Pour ces enfants dont les parents sont déjà en situation de pauvreté, c’est l’isolement qui s’est ajouté en couches. Les mesures de confinement, notamment la suspension des cours et la nécessité de rester à domicile, ont eu pour effet majeur d’augmenter leur sentiment d’exclusion, car inégaux matériellement devant les possibilités de maintenir un contact principalement virtuel avec leurs amis. Reclus dans leur logement, le plus souvent exigu et déjà inadéquat, ces enfants auront subi, en plus, tensions et stress liés à la promiscuité permanente entre les membres de leur famille.

La rupture de presque tous les liens

La crise a provoqué des ruptures : rupture de lien social, mais aussi rupture des prises en charge psychosociales et médicales. Ces familles et ces jeunes étaient pour la plupart en lien avec des services sociaux qui constituaient un filet de sécurité, un soutien social dans les démarches pour faire valoir leurs droits. Beaucoup de services sociaux et associations ont maintenu un lien vaille que vaille, mais en rupture physique quasi complète. La plupart des parents ont été dans l’impossibilité de maintenir un lien virtuel, étant insuffisamment équipés en matériel informatique. "En lame de fond, c’est le constat d’une aide sociale qui s’est effilochée et qui est restée inadaptée pour les protéger des dégâts causés par cette pandémie qui reste en mémoire", déplore Bernard De Vos.

La demande de l'aide alimentaire en augmentation: JT du 17/11/2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK