Quelle différence entre température réelle et température ressentie?

Des facteurs aggravants accentuent la sensation de froid
Des facteurs aggravants accentuent la sensation de froid - © GERARD MALIE - BELGAIMAGE

On parle beaucoup ces derniers jours des températures ressenties. Elles diffèrent de celles enregistrées par les thermomètres. Plusieurs paramètres entrent en compte pour les calculer. Voici ce qui fait la différence quand vous sentez le bout de votre nez geler.

Des paysages blancs, de la neige partout, pas de doute : il fait froid dehors. Une température aux alentours de 0° quand les flocons tombent, mais que notre corps ressentira comme bien plus glaciale si le vent décide d'entrer en scène.

Notre spécialiste météo, Nicolas-Xavier Ladouce, explique ce phénomène : "A la surface de la peau des mammifères à sang chaud il y a toujours une petite couche d’air isolante qui nous protège du froid" mais le vent vient balayer cette petite couche d’air, le corps va donc restituer cette couche et "c’est le fait que le corps essaye de restituer cette couche qui va faire perdre des calories à notre corps et donc il va se refroidir".

Nos sensations ne nous trompent donc pas et on peut entièrement leur faire confiance. Notre corps est à lui seul un thermomètre. Au fil des années, ce ressenti a d'ailleurs pu être calculé.

Le présentateur météo de la RTBF présente des tableaux qui permettent ces calculs qui impliquent température de l’air et vitesse du vent : "On voit que pour une température de l’air de -10° enregistrée et une vitesse du vent de 70km/h, cela donner -23° en température ressentie".

Facteurs aggravants la sensation de froid

Il n'existe par contre pas de seuil de températures pour les risques d'hypothermie. Cela dépend notamment des vêtements et de la fatigue mai aussi et surtout de la période d'exposition. C'est une des raisons pour laquelle les sans-abris en sont plus souvent victimes.

"Leurs temps d’expositions est prolongé et il y a d’autres facteurs de risques, notamment des vêtements humides qui accroissent la perte de chaleur mais aussi l’isolement et la consommation éventuelle d’alcool", analyse le docteur Eric Marion, urgentiste aux cliniques universitaires Saint-Luc. "C’est un cercle vicieux", conclut-il.

Pour briser la chaine du froid et sauver des vies, des gestes simples sont souvent les plus efficaces, servir une boisson chaude et bien évidemment se mettre à l'abri, de préférence dans un lieu chauffé.

Delphine Simon avec Grégoire Ryckmans

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