Le coronavirus pourrait ne jamais disparaître, selon l'OMS : comment allons-nous pouvoir vivre avec lui ?

le coronavirus pourrait ne jamiais disparaître
le coronavirus pourrait ne jamiais disparaître - © borchee - Getty Images

Le coronavirus responsable du Covid-19 pourrait bien ne jamais disparaître. "Ce virus pourrait bien s’ajouter à la liste des virus endémiques circulant dans nos communautés, et pourrait bien ne jamais disparaître totalement", explique Mike Ryan, spécialiste des urgences sanitaires à l’OMS.

Et de rappeler que la rougeole est toujours présente dans le monde alors qu’un vaccin est disponible.

Alors, allons-nous vivre pour l’éternité avec ce virus ?

Stéphane De Wit, infectiologue au CHU St Pierre et grand spécialiste du VIH rappelle que "ce n’est pas le premier virus qui ne disparaîtrait pas. On peut parler du VIH (responsable du SIDA) qui est aussi un virus pandémique mais avec un tout autre scénario que le coronavirus. La question n’est pas de savoir s’il va disparaître mais comment va varier sa transmission. Va-t-il réapparaître ? Le fera-t-il comme la grippe qui revient chaque année, six mois dans un hémisphère et six mois dans l’autre ? Ou comme d’autres coronavirus (comme le SARS-Cov1 responsable de l’épidémie en 2002 en Asie), s’arrêter sans qu’on ait pu vraiment l’expliquer."


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Et de poursuivre : "Il faut rester humble, tous les scénarios sont plausibles. Même les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, entre le professeur Raout qui continue à dire qu’il va s’arrêter et l’OMS qui pense qu’il ne s’arrêtera jamais."

Devrons-nous vivre des années masqués, sans s’approcher les uns des autres à moins d’un mètre 50 ?

L’infectiologue rassure : "Ce serait une grande première, cela ne s’est jamais vu dans l’histoire de l’Humanité qu’un virus soit agressif, transmissible et persistant sur de longues périodes. Soit il va s’arrêter, soit il deviendra cyclique c’est-à-dire qu’il pourrait revenir à plusieurs reprises pour devenir ensuite endémique. On va retrouver un virus qui persiste mais en bruit de fond, avec des cas qui surviendraient de temps à autre et qui seraient traités. Il ne nécessiterait plus les mesures drastiques que l’on vient de connaître. Mais pour le moment, cela reste des supputations."

Autrement dit, même s’il devient endémique, on ne devrait pas vivre comme nous venons de le faire ces deux derniers mois. Cela dit, le spécialiste nous rappelle que le port du masque et toutes les mesures d’hygiène, vont sans doute encore durer quelques semaines voire quelques mois en attendant la fin de la phase épidémique.

Un vaccin et des traitements qui vont tuer le coronavirus ?

Déception, c’est non. "Il n’y a pas de vaccin qui a fait disparaître, à lui tout seul, une maladie infectieuse sauf peut-être la variole que l’intervention humaine a permis d’éradiquer. Mais on peut contrôler la maladie, la limiter. Dans ce cas-ci, ce sera plutôt comme pour la rougeole. On va établir une immunité d’un certain nombre d’individus naturellement. Les anticorps produits lorsqu’ils ont été malades devraient les protéger. Ce serait aussi une première si des anticorps qui persistent ne les protégeaient pas", avance, le Docteur De Wit.

Une septantaine de vaccins est en phase d’étude. Ils ne seront pas sur le marché avant plusieurs mois. Des traitements contre le coronavirus pourraient voir le jour, aussi dans les prochaines semaines, ils devraient permettre de diminuer la quantité de virus qui circule et de casser les chaînes de transmission.

"C’est par les traitements que l’on peut aujourd’hui arrêter, en grande partie, l’épidémie de VIH (responsable du SIDA) car les personnes infectées ne portent plus assez de virus pour le transmettre. Je ne vois pas pourquoi, grâce aux vaccins et aux traitements, on ne parviendrait pas à contrôler ce coronavirus, pas l’éradiquer mais faire de lui, un virus en bruit de fond."


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Une deuxième vague puis d’autres aussi meurtrières ?

Là, notre spécialiste des maladies infectieuses se veut plus rassurant : "Si on parle de vagues successives et de celle que l’on redoute pour le moment, il y a très peu de chance qu’elle soit aussi violente. Il y a énormément de gestes de notre mode de vie qui ont changé comme le port du masque, le télétravail, la distanciation sociale, les règles d’hygiène.. qui ne sont plus celles de février dernier. Je pense que comme lors un tremblement de terre, on aura des répliques mais de plus en plus faibles avec au bout du compte un virus qui sera toujours là mais en bruit de fond."

Idem pour la mortalité : "Nous comprenons mieux la maladie, sa fréquence et avec les traitements qui devraient arriver prochainement, nous serons plus efficaces sur le plan thérapeutique. Nous ne pourrons pas sauver tout le monde mais il y aura moins de casse. Nous aurons plus d’informations sur les moyens de détecter les personnes les plus à risques. Je ne pense pas que l’on pourrait revivre une telle catastrophe sanitaire. Du moins, je l’espère."

Yves Coppieters dans le JT du 14/05/2020 : Et si le virus ne disparaissait pas?

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