Le coronavirus est-il en train de disparaître en Belgique ? Les raisons de la baisse de l'épidémie

Le coronavirus est-il en train de disparaître chez nous ? Les raisons de la baisse de l'épidémie
Le coronavirus est-il en train de disparaître chez nous ? Les raisons de la baisse de l'épidémie - © JONAS D'HOLLANDER - BELGA

En Belgique, le nombre de contaminations ne cesse de baisser, dans certaines villes et régions, il n’y a quasiment pas eu de nouveaux cas de coronavirus. Même, à certains endroits où le virus a été très virulent, l’épidémie semble se calmer.

Près de trois semaines après le déconfinement et malgré une augmentation du nombre de tests (environ 10.000 par jour), les témoins semblent lentement repasser au vert.

Alors le virus est-il en train de disparaître ?

"Non, l’épidémie n’est pas terminée", répond l’épidémiologiste Marius Gilbert, "il y a encore des transmissions et des personnes vulnérables. Et même s’il devait disparaître de chez nous, il est encore présent ailleurs dans le monde, il pourrait être réimporté."

Pour le scientifique, les voyants ne sont pas encore tout à fait au vert, ils diminuent mais en termes de chiffre journalier par million d’habitants, on fait moins bien que la France, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne.

En terme relatif, cela va mieux mais en chiffre global, les chiffres restent hauts, sans doute liés à notre densité de population, il faut donc que la baisse continue.

Mais comment expliquer cette baisse de l’épidémie ?

"Il y a bien sûr, l’efficacité des mesures prises (distance physique, et sociale, on ne s’embrasse plus, on porte le masque). Même si nous sommes plus nombreux à reprendre une vie plus ou moins normale, nous le faisons avec des précautions que nous ne prenions pas avant."

Mais la météo et la saison ont peut-être aussi joué un rôle. Le soleil brille, il fait chaud. "Les rayons UV détruisent le virus", explique Marius Gilbert. "On les utilise pour désinfecter les masques. Une publication scientifique montre que le virus excrété dans l’air par un malade ne survit que quelques minutes en plein soleil. Et puis, nous sommes à l’extérieur où l’air circule. Des facteurs qui limitent les risques."

Immunité croisée ?

Mais il y a peut-être une autre hypothèse poursuit l’épidémiologiste : "Il se pourrait qu’une partie de la population serait 'non infectable' parce que 'protégée' par des mécanismes immunitaires pas encore identifiés à 100% et qui ferait intervenir les lymphocytes T. '' On aurait retrouvé parmi les cellules sanguines, quelques lymphocytes T qui auraient une activité contre les cellules infectées par le SRAS Cov2. Une forme de protection qui ne passerait donc pas par les anticorps et les globules blancs."

Cela reste une hypothèse, on ne sait pas si elle est réelle ni qui profite de cette protection ou combien de temps elle peut durer.


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Une chose est sûre, l’Italie qui a déconfiné avant nous, ne connaît pas pour le moment, de rebond significatif de l’épidémie.

"Mais attention, le virus est toujours là, il a la même dangerosité, il n’a pas changé. Il y a peut-être moins de personnes 'infectables' qu’on ne le pensait, mais il faut agir en considérant que l’épidémie pourrait reprendre. Nous avons tous envie de relâcher la bride, faisons-le mais le plus progressivement possible au risque de voir déferler une 2e vague", conclut Marius Gilbert.

 

Analyse des chiffres du mardi 02 juin avec le Dr Yves Coppieters (JT du 03/06/2020)