Le conseil d'administration de la SNCB a acté la fermeture de 44 guichets d'ici la fin de l'année

C'est officiel: le conseil d'administration de la SNCB a acté ce mardi matin, lors d'un conseil d'administration extraordinaire, la fermeture de 44 guichets dans ses gares d'ici la fin de l'année. Des mesures d'accompagnement à cette opération ont été "précisées et renforcées" à la suite de la proposition commune élaborée par le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet et la CEO de la SNCB Sophie Dutordoir, a indiqué l'entreprise ferroviaire.

Les 44 guichets seront progressivement fermés d'ici la fin 2021. Cela représente un guichet sur trois sur l'ensemble du pays.


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A partir du 1er mars, une période de transition entrera en vigueur et les horaires de ces guichets seront modifiés avec une ouverture de deux à trois jours par semaine, jusqu'à leur fermeture définitive.

Les mesures d'accompagnement visent à maintenir "une présence humaine" dans les gares concernées, à garantir la sécurité et le confort des voyageurs, ainsi qu'à éviter la fracture numérique et faciliter l'accessibilité au train pour tous. Ces mesures ont été décidées pour faciliter la transition et font suite à la demande, restée inaboutie, du ministre de la Mobilité de faire marche arrière dans le dossier. 

"J'ai demandé à la SNCB d'entrer en contact avec les communes concernées et de faire des propositions accessibles pour qu'elles puissent alimenter une autre vie dans les gares, comme par exemple pour les associations ou des services publics. J'ai demandé aussi à la SNCB d'élargir la durée d'accès aux salles d'attente et de travailler contre la fracture numérique pour celles et ceux qui ne savent pas utiliser les machines", a également déclaré le ministre. 

La SNCB compte donc lancer un appel à projets adapté au contexte local et à l'état des bâtiments pour remplir les locaux à disposition. L'entreprise ferroviaire se dit prête à offrir des conditions favorables aux activités sans but lucratif (associations, activités culturelles et sociales). L'assistance aux personnes à mobilité réduite sera également maintenue (elle est disponible dans 25 des 44 gares concernées), tout comme des salles d'attente ouvertes et chauffées. L'entreprise étudiera la possibilité d'allonger les heures d'ouverture en fonction du service ferroviaire et des éventuelles activités dans les gares. Le passage du personnel de l'entreprise ferroviaire, notamment de Securail, sera également garanti.


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La SNCB ajoute qu'elle entamera un dialogue avec plusieurs associations pour faciliter l'accessibilité au train, particulièrement pour les publics fragiles et les personnes âgées. Elle étudie la possibilité d'offrir certains services uniquement possibles au guichet ou sur internet, comme le renouvellement d'un abonnement, via des partenaires publics comme bpost. 

Les réactions du monde syndical

Pourtant, la mesure continue de faire grincer des dents, tant au niveau politique qu'au niveau syndical. Pas plus tard que ce matin, des militants du PTB se réunissaient à la gare de Liège Saint-Lambert pour dénoncer la fermeture des guichets. La CGSP a mené également deux actions syndicales ce matin pour exprimer sa désapprobation. La première s'est déroulée à 8h00 devant le siège social de la compagnie ferroviaire, alors que la deuxième manifestation s'est déroulée à partir de 11h00 devant le bâtiment du ministre de la Mobilité Georges Gilkinet.


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Aussi, des délégués syndicaux étaient présents devant le siège de la SNCB: ils craignent des gares vides et impersonnelles. Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC Transcom: "Les gens attendent des informations, des renseignements qu'ils ne peuvent pas retrouver derrière un automate ou encore un conseil pour acheter le meilleur bien possible et pas le plus cher et toute une série de services et une convivialité que les machines ne peuvent pas offrir ".

Du côté de la CGSP Cheminots, son président, Pierre Lejeune, a marqué aussi son désaccord: "Mettre une présence humaine dans la gare, telle une maison de jeunes ou une boulangerie dans la gare, n'est pas vraiment notre souhait. Nous voulons que les gares restent un centre de renseignement et d'accueil pour les voyageurs, ainsi qu'un guide en mobilité"

Du côté politique, la mesure avait déjà suscité la désapprobation de plusieurs partis ces dernières semaines.

Les navetteurs s'opposent également à la mesure

Du côté des navetteurs, les critiques ne se sont pas fait attendre. Ce matin, le porte-parole de Navetteurs.be affirmait : "C'est aussi au pouvoir politique de prendre ses responsabilités. On a constaté une levée de boucliers la semaine dernière à la Chambre, de manière assez unanime au niveau des partis francophones. On espère que les représentants politiques de ces mêmes partis au conseil d'entreprise ou d'administration pourront également voter contre la proposition qui est actuellement sur la table."

Visiblement déçue par la mesure, l'asbl songe, à ce stade, à la suite. "Nous allons analyser, en vue de réagir", s'est-elle prononcé sur Twitter.

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