Le confinement a-t-il fait chuter le nombre de bébés prématurés?

Ce serait un effet pour le moins inattendu de la crise sanitaire. Et si le confinement était bénéfique aux futures mamans? 

Dans plusieurs maternités du pays, le nombre de grands prématurés a chuté de manière spectaculaire durant le lockdown.

Au CHU Tivoli, centre spécialisé pour les grands prématurés dans le Hainaut, le constat est clair: "Je n'avais jamais vu ça en plus de 20 ans de carrière" déclare Maria Doukakis, infirmière. "C'était le calme plat dans le service. Il y avait moins de la moitié de l'activité actuelle".

Julie De Buyst, néonatologue, confirme : "Il n'y avait plus aucun prématuré extrême, et quasiment plus de grands prématurés. Cela nous a tellement interpellés que nous avons contacté d'autres services comme le nôtre. Le constat était le même un peu partout".

Moins d'activités, moins de risques? 

Alors l'immobilité forcée aurait-elle du bon pour les futures mamans? C'est une hypothèse. "Durant le confinement, il y a eu beaucoup moins d'activités à l'extérieur, moins de déplacements, plus de télétravail. Cela a peut-être eu un impact indirectement sur le bien-être des bébés et des mamans, qui ont ainsi pu poser leur rythme" avance Julie De Buyst, néonatologue au CHU Tivoli. 

Ces hypothèses doivent encore être validées scientifiquement. 

A l'étranger, des chiffres impressionnants

A l'étranger, des études révèlent, dans certains pays et certaines régions, des chiffres interpellants : en Irlande, dans la région de Limerick, le nombre de bébés pesant moins d'1 kilo et demi à la naissance a chuté de 73% durant le confinement, par rapport à la moyenne de ces vingt dernières années. 

Au Danemark, une étude montre que le nombre de naissances extrêmement prématurées a diminué de 90% durant la période de confinement, en comparaison avec ces cinq dernières années. Ces chiffres sont relayés dans un article du journal Le Monde

Et en Belgique? 

Chez nous, une étude est en cours pour faire la lumière sur ces étonnants constats. Les résultats préliminaires montrent que la diminution du nombre de grands prématurés est moins importante que ce que les impressions des maternités laissent à penser. "Il n'y a pas de différence significative dans l'ensemble. Il se peut que des grands prématurés d'habitude transférés dans les centres spécialisés soient restés dans les plus petites maternités durant le confinement. Néanmoins, on observe une légère baisse générale du nombre de prématurés légers", explique le Pr. Olivier Danhaive, chef du service de néonatologie à Saint-Luc, en charge de l'étude. 

Au CHU Tivoli, depuis le déconfinement, le nombre de prématurés remonte en flèche

Retour au service de néonatologie du CHU Tivoli. Puisqu'on a observé l'effet du confinement, quel est celui du déconfinement ?

"Depuis le déconfinement, le nombre de prématurés explose ! On a 27 bébés pour l'instant" observe Maria Doukakis. "Notre service est rempli, full, avec toutes les pathologies qu'on observait avant. On a vu très clairement la différence, en parallèle avec ce qui se passait à l'extérieur" ajoute Julie De Buyst, néonatologue. "C'est comme si avec le déconfinement, il y avait eu une envie de reprendre toutes les activités d'avant de plus belle". 

Des recherches complémentaires seront nécessaires pour expliquer ces variations.

Dans le monde, un bébé sur dix naît prématurément. C'est la première cause de mortalité infantile avant l'âge de cinq ans selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

Si le lien entre confinement et chute drastique du nombre de prématurés est avéré, cela pourrait relancer le débat sur l'allongement du congé de maternité. 

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