Le Concours musical Reine Elisabeth vu avec les yeux du jury

Le jury du CMIREB
Le jury du CMIREB - © RTBF

C'est demain soir que l'on connaîtra le nom du premier prix du Concours musical international Reine Elisabeth. Après la prestation des deux derniers finalistes de cette session de violon, le jury rendra ses cotes. Mais comment va-t-il noter les prestations des candidats, quels seront ses critères?

Comment le jury va-t-il juger les finalistes du Concours Reine Elisabeth ? Tout simplement en leur donnant une note, comprise entre 60 et 100. Une seule note par candidat rien que pour leur prestation de finale. Arie Van Lysbeth, président du jury explique "les cotes données en première épreuve et en demi-finale ne comptent plus pour la finale mais il est un fait certain, nous sommes des êtres humains, nous sommes des artistes, ce qui a été joué, ce qui est passé, reste dans les oreilles, reste dans la tête."

En principe donc, seule la prestation de finale est notée. Mais comment juger un candidat sans avoir entendu les autres? Est-ce que les membres du jury donnent leur cote tout de suite après la prestation? Plusieurs membres du jury racontent à tour de rôle comment ils procèdent et ce qu'ils recherchent chez les candidats. Marco Rizzi, explique "Je n’attribue pas ma note tout de suite, parce que je veux entendre les autres candidats. Je prends beaucoup de notes sur les prestations." Ces notes ne sont rendues que le dernier soir, après la dernière prestation. "Samedi nous devons décider, c'est comme ça. En même temps, pour moi, c'est souvent très clair parce qu'il y a de grandes différences entre les candidats" explique Daniel Hope.

Y a-t-il vraiment de grandes différences ? Tous les finalistes ont un niveau technique exceptionnel, mais ce qui compte, c'est le supplément d'âme, c'est ce que le violoniste raconte au-delà des notes et Daniel Hope d’ajouter " Cela peut être le son, cela peut être le charisme, c’est beaucoup de choses…"  Kang Dong-Suk, lui, recherche quelque chose d’unique, il recherche une forte personnalité. Pour Marco Rizzi encore, l’important ce n’est pas que le candidat joue comme lui pourrait jouer, ce qui compte pour lui c’est de comprendre ce que l’artiste veut lui donner et surtout que l’artiste l’emmène là où il n’est jamais allé.

Le jury connaît par cœur le répertoire de la finale mais à un tel niveau, il faut aussi que la prestation soit sans fautes. Sans fautes, oui, mais pas forcément parfaite… L’avis de Pierre Amoyal : " Bien sûr qu'il y a de petites fautes mais elles ne sont jamais très graves, elles sont toujours pardonnées. Une personne qui ne ferait aucune faute m'inquiéterait beaucoup."

Personne dans le jury ne connaît la cote donnée par les autres membres du jury. Il n'y a pas de délibération. C'est l'ordinateur qui calcule le résultat et qui sortira le nom du premier prix.

M. Klaric avec V. Saintpo

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