Le comédien Mohamed Allouchi porte plainte après un acte qualifié d'anti-musulman

Mohamed Allouchi, de "La vie c'est comme un arbre" et "Showmeur Island"
Mohamed Allouchi, de "La vie c'est comme un arbre" et "Showmeur Island" - © Facebook

Simple incident de roulage ou acte anti-musulman? En tout cas, ce que raconte l'auteur de pièces de théâtre et comédien bruxellois Mohamed Allouchi laisse dubitatif quant à la première hypothèse. Le 19 novembre, soit peu après les attentats de Paris et l'instauration d'un climat pesant pour les musulmans de France et de Belgique, Mohamed Allouchi qui a connu le succès avec la pièce "La vie c'est comme un arbre" et récemment "Showmeur Island" se rend au petit matin dans sa mosquée, à Evere. "J'y allais pour prier. Je portais ce jour-là l'abaya, un habit traditionnel", raconte à la RTBF Mohamed Allouchi, de la compagnie "Les voyageurs sans bagages".

Dans les rues de son quartier, il y a peu de monde. A l'exception d'une voiture, au moment où Mohamed Allouchi va traverser une voirie à sens unique en zone 30 km/h. "Là, l'automobiliste ralentit. Je comprends que je peux m'avancer, normalement. Lorsque je suis sur la rue, il accélère." Le comédien doit alors son salut à ses réflexes de basketteur. "Je bondis en arrière pour éviter qu'il ne m'écrase. C'est là que la voiture me heurte au bras gauche avant de prendre la fuite."

Mohamed Allouchi n'est pas blessé. Mais un témoin a assisté la scène. "Ce témoin me dit sur le moment que c'était une agression, un acte volontaire, une tentative de meurtre même. Mais moi, j'ai plutôt considéré cela comme un incident avec une personne mal réveillée. J'ai minimisé les choses."

"Ce qui m'est arrivé m'a rappelé une autre histoire"

Mais quelques jours plus tard, Mohamed Allouchi tombe sur un article évoquant cette dame voilée qui a subi à peu de choses près la même mésaventure. C'était à quelques encablures à peine, chaussée de Haecht, à Haren. "Là je me dis qu'il y a quelque chose de pas normal. Cet automobiliste voulait-il m'écraser parce que je portais la abaya et donc définissable comme musulman? Et puis cela s'est produit pas très loin de l'autre accident. Est-ce le même auteur? En tout cas, conseillé par des amis, je suis allé porter plainte à la police pour qu'il y ait une trace." Mohamed Allouchi le reconnaît: il n'a pu transmettre aucun numéro plaque d'immatriculation ni modèle de voiture. "La voiture était sombre et pas grande. C'est tout ce que j'ai pu voir."

"Je comprends qu'on peut faire peur"

En tout état de cause, cet incident a poussé notre interlocuteur à modifier ses habitudes. "Quand je vais à la mosquée, je ne porte plus d'habits traditionnels en rue. Je porte ma abaya une fois arrivé à la mosquée." Une façon de se prémunir d'un nouvel acte islamophobe dans l'espace public? "Je préfère ne pas heurter les personnes que je croise. Je sais que les musulmans font peur. Ce n'est pas de la prudence mais de la bienveillance. Il faut aussi comprendre ce sentiment de peur de la part d'une partie de nos concitoyens et apprendre à mettre de l'eau dans notre vin si je puis dire."

Philosophe, Mohamed Allouchi, père de famille, le reste encore quand il déclare: "Je préfère me tromper dans le bon sens sur les intentions de cet automobiliste quand dans le mauvais sens."

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