Le code "masque 19" pour signaler un cas de violence conjugale à son pharmacien

L'idée est de permettre aux victimes de se signaler auprès de leur pharmacien.
L'idée est de permettre aux victimes de se signaler auprès de leur pharmacien. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Depuis le début du confinement, les appels d’aide concernant des violences conjugales sont en forte hausse. Plus de 30% en région bruxelloise. Des initiatives sont lancées pour améliorer les dispositifs de détection et d’assistance. L’une des dernières en date concerne les pharmaciens. Ils sont en première ligne pour détecter d’éventuelles victimes de coups et blessures.

Certaines Villes et communes ont déjà lancé des initiatives coté wallon et à Bruxelles. Pour Sophie Querton, présidente du CPAS de Schaerbeek, la crise sanitaire fait réfléchir aux réponses à apporter. "Pendant toute une période de deux mois, les gens ne sont plus allés vers leur médecin et donc les pharmaciens étaient les premiers témoins de ces violences intrafamiliales parce que les gens venaient chercher une crème pour les hématomes, des anti-douleurs etc."

Comment tout cela fonctionne ?

Via une campagne d’information locale les femmes victimes de violences sont invitées à se manifester en utilisant si besoin le mot code "masque 19". Le pharmacien est alors averti qu’il s’agit d’une demande d’assistance. Pour Sophie Querton, l’initiative a été bien accueillie. "Les pharmaciens étaient demandeurs d’être épaulés, de pouvoir faire quelque chose parce que c’est pas tout de vendre la bonne pommade à la bonne personne, c’est aussi de dire : il y a un souci qu’est-ce qu’on fait ?"

Contrat de confiance et respect de la déontologie

L’initiative est soutenue par l’Union des pharmaciens de Bruxelles. Ann Herzele sa présidente, évoque le contrat de confiance entre le pharmacien et son client. "Je crois qu’il a la possibilité de passer des messages de manière éthique et déontologique. Je soutiens cette initiative à 100%".

Concrètement le pharmacien s’engage à fournir une aide graduelle. Le plus souvent il s’agira d’aider la personne à se diriger vers les services psychosociaux compétents.

Pour rappel, la ligne d’écoute gratuite : 0800/30.030 est le numéro belge pour les violences conjugales. Cette ligne d’urgence est un service anonyme d’écoute et d’accompagnement qui n’est pas habilité pour intervenir en cas de danger. Le cas échéant, les travailleurs invitent les victimes à appeler directement la police.