Giec: passé à côté de la présidence, Jean-Pascal van Ypersele s'en va

"Je vais entrer dans une nouvelle phase et c'est très bien ainsi", affirme Jean-Pascal van Ypersele au lendemain de l'élection du candidat sud-coréen Hoesung Lee à la présidence du Giec. "J'aimerais vraiment que mes connaissances sur les changements climatiques puissent être mises au service de projets qui font avancer les choses", confie-t-il à l'agence Belga, évoquant les Nations Unies.

Le climatologue belge a mené une campagne de deux ans dans le but de remporter l'élection à la présidence du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), duquel il était vice-président depuis 2008.

"Je n'avais pas de plan B. Je vais maintenant prendre le temps de tourner la page et de recevoir de nouvelles propositions", annonce le scientifique. Celles-ci ne devraient pas manquer, après des voyages dans 60 pays et un lobbying intense de la diplomatie belge.

Intense, la campagne de Hoesung Lee l'était également, M. van Ypersele évoquant un soutien "extrêmement dynamique" du gouvernement sud-coréen et des moyens "énormes" mis en œuvre.

Les membres du comité exécutif du Giec ne pouvant assumer qu'un seul mandant dans la même fonction, Jean-Pascal van Ypersele quittera donc le Giec. Chapeauter un groupe de travail de l'organisation n'était pas une option non plus. Les dépenses et le soutien technique que la Belgique devrait assumer sont trop importants, selon le climatologue.

Trouver un nouveau challenge professionnel "prendra quelques mois, peut-être un an, mais je ne suis pas pressé", ajoute-t-il. "Je poursuis mes activités à l'UCL et me donnerai à fond dans le rôle de conseiller scientifique auprès de la délégation belge à la Conférence de Paris sur le climat (en décembre prochain, ndlr)." Avec un livre sorti récemment et des conférences à donner, il ne manquera probablement pas d'activités.

Hoesung Lee et Jean-Pascal van Ypersele étaient tous deux parvenus au deuxième tour de l'élection, remportée par le Sud-Coréen avec 78 voix contre 56 et qui était déjà en tête au premier tour.

Le prochain rendez-vous du nouveau patron du plus grand institut au monde chargé de l'étude des changements climatiques est fixé début décembre à Paris pour le Sommet climatique de l'ONU.

Hoesung Lee est âgé de 69 ans. Comme économiste, il a travaillé chez Exxon de 1975 à 1978, a siégé au conseil d’administration de Hyundai de 1996 à 1999, avant d'être le conseiller du ministre sud-coréen de l’Environnement. Il fait aussi partie de l'Académie coréenne des sciences de l'environnement et enseigne dans ce domaine. Il est vice-président du GIEC depuis 2008.

Il y avait 6 candidats : l'Américain Christopher Field, de l'Université Stanford (Californie), le Sud-Coréen Hoesung Lee, de l'Université de Corée, vice-président du GIEC , le Suisse Thomas Stocker, co-président du groupe de travail I du GIEC sur les bases scientifiques des changements climatiques, l'Autrichien Nebojsa Nakicenovic et le Sierra-Léonais Ogunlade Davidson et, enfin, J ean-Pascal van Ypersele qui se disait confiant et avait parcouru le monde depuis un an pour défendre sa candidature.

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